, Ils aident les élus à annoncer les décès dans les petits villages du Lot

Ils aident les élus à annoncer les décès dans les petits villages du Lot

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l’essentiel La ligue contre la violence routière dans le Lot forme les élus à annoncer les décès dans leurs communes. Une formation aussi novatrice que confidentielle qui a dépassé les frontières du département. 

Une formation pour trouver les bons mots. Et pour retrouver aussi, parfois, le bon sens. Depuis janvier 2023, Pierre Lagache, le président de la Ligue contre la violence routière du Lot et Bertrand Martaguet, médecin urgentiste à l’hôpital de Cahors retraité, apprennent aux élus du département à annoncer les mauvaises nouvelles dans les familles. Des sessions aussi inédites que confidentielles.  » L’idée n’est pas de former des psychologues bis mais d’identifier les erreurs dans ces moments douloureux et les attitudes pas forcément adaptées », commence par expliquer Pierre Lagache. L’initiative germait chez lui depuis de nombreuses années.  » J’ai vécu l’annonce d’un décès par deux policiers qui n’étaient pas à l’aise et pas formés. Ce moment marque à vie. Les premiers mots, les premières émotions sont gravés pour toujours  » se souvient-il. En 2019, avec sa casquette de vice-président de la Ligue nationale contre la violence routière, il intègre un groupe de travail du ministère de la Justice sur l’annonce des décès. Un rapport est rendu et une circulaire interministérielle publiée le 6 décembre 2022. Pierre Lagache, lui, est plus que jamais convaincu : il faut agir sur ce sujet. Il se rapproche alors des maires du Lot.  » Ils me confient que les annonces de décès dans leurs villages sont les moments les plus douloureux à vivre pendant leur mandat », poursuit-il.

En janvier 2023, il s’épaule du docteur Bertrand Martaguet pour une première formation en visio conférence avec les élus du Lot, souvent en première ligne.  » On a élaboré un module de deux heures où il est question de savoir faire et de savoir être. Le savoir-faire c’est notamment annoncer en présentiel, jamais au téléphone, ne jamais laisser quelqu’un seul après une telle nouvelle, empêcher le proche de la victime de prendre sa voiture pour aller à l’hôpital dans la panique. Le savoir être c’est ce que l’on met derrière la communication de crise : être empathique sans vouloir consoler excessivement, rester stable tout en faisant preuve d’humanité… », explique le médecin à la retraite.

Réfléchir à sa formulation

Le duo a édité un kit de bonnes pratiques.  » On conseille toujours de faire cette annonce en binôme : soit un duo de gendarmes ou de policiers, soit un maire et son adjoint pour pouvoir partager la charge émotionnelle. Parmi le binôme, il y a un messager, celui qui annonce, et une sentinelle, celui qui soutient, qui régule ou qui s’occupe des enfants « , reprend l’ex-urgentiste qui met à profit son expérience professionnelle. 

Le duo préconise aussi de préparer la venue dans les familles de victimes.  » Il faut prendre le temps de recueillir les informations sur le drame et sur la famille, que ce soit la composition ou le contexte religieux, réfléchir à sa formulation… », énumère Bertrand Martaguet. Pierre Lagache précise : « Annoncer un décès au petit matin, que ce soit à 5 heures ou à 6 heures, cela ne change malheureusement rien « . Parmi les autres recommandations : se tenir prêt à faire face à une réaction agressive,à la sidération, le déni ou la confusion, revenir le lendemain ou le surlendemain pour prendre des nouvelles de la famille, ne pas redouter les mots crus comme  » mort  » ou  » décédé » et éviter les expressions toutes faites comme  » Ça va passer avec le temps « . En septembre dernier, une deuxième formation est organisée. Près de 50 élus du département en ont bénéficié l’année dernière.  » Ils ont souvent l’impression d’avoir manqué d’humanité ou au contraire, d’avoir été trop empathiques. Ce moment est tellement déstabilisant qu’il est normal de se poser des questions », a observé le président de la ligue contre la violence routière dans le Lot. 

Pierre Lagache et Bertrand Martaguet comptent désormais aller plus loin. À la demande de l’association des maires de France de la Marne, ils ont prêché la bonne parole dans ce département l’année dernière et sont prêts à intervenir partout en France. Partout où les bons mots seront utiles.
 

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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