Nyon: un élu choque avec des propos sur les femmes battues

Conseil communal de Nyon

Un élu provoque l’indignation avec des propos sexistes sur les femmes battues

Un homme en pull noir parle dans un microphone lors d’une conférence avec un public attentif assis derrière lui.
En bref:
  • Un élu nyonnais a tenu des propos jugés sexistes lors d’un débat du Conseil communal.
  • Il a déclaré apprécier que certaines femmes aient fait «autre chose que se laisser battre par leurs maris».
  • La gauche l’a recadré et a réclamé des excuses publiques, mais l’élu a refusé de s’excuser.

Le débat a dérapé lundi soir au Conseil communal de Nyon. Alors que les élus devaient se prononcer sur un crédit visant à valoriser les femmes qui ont marqué l’histoire de la ville (lire plus bas), une intervention sexiste d’un conseiller a suscité l’indignation.

Tout est parti d’une prise de parole de la Verte Valérie Mausner Léger, qui a brièvement élargi la discussion pour rappeler l’ampleur des violences faites aux femmes. Dans la foulée de cette intervention – jugée hors de propos – Jacky Colomb, chef de groupe du Parti indépendant nyonnais (PIN), a pris le micro.

«Ça me réjouit, il y a des femmes qui ont fait autre chose que de se laisser battre par leur mari!» a-t-il lancé en introduction de son allocution.

Forte réaction de Marius Diserens

Une phrase qui a provoqué un tollé à gauche de l’hémicycle. Marius Diserens, élu Vert engagé sur les questions d’égalité des genres, est rapidement intervenu: «C’est peut-être une glissade, mais je pense que ça mériterait probablement des excuses publiques.» Une demande restée vaine.

À ce stade, vous trouverez des contenus externes supplémentaires. Si vous acceptez que des cookies soient placés par des fournisseurs externes et que des données personnelles soient ainsi transmises à ces derniers, vous devez autoriser tous les cookies et afficher directement le contenu externe.

Laetitia Hediger, élue Verte, a renchéri, consternée: «Il n’y a pas de femmes qui se «laissent» battre par leurs maris. Il y a des hommes qui frappent des femmes, et c’est tout.»

À droite, le PLR Michael Sauerlaender a ensuite cherché à recentrer la discussion: «Je regrette que la visibilité des femmes et leur rôle historique dans la société soient occultés par un débat sur les violences faites aux femmes, qui sont inadmissibles au même titre que les violences envers les hommes.»

Le lendemain, Marius Diserens se dit encore abasourdi par les mots prononcés: «J’ai trouvé cela aberrant. Généralement, quand on dérape sur des propos aussi honteux, on s’arrête avant la fin de sa phrase ou on essaie de reformuler. En l’occurrence, je pense que Monsieur Colomb n’a pas vu le problème, et c’est peut-être bien là le nœud du problème.»

Il poursuit: «Je suis choqué qu’en 2025, on puisse encore laisser ce genre de propos violents totalement impunis. Un rappel à l’ordre du bureau du Conseil aurait peut-être été nécessaire pour simplement dire: «Ces propos sont inadmissibles dans ce plénum.»

Jacky Colomb réagit

Face à la polémique, Jacky Colomb admet une forme de maladresse, mais rejette toute accusation d’intention sexiste. «Je me suis peut-être mal exprimé, mais j’ai voulu dire qu’il n’y a pas que des femmes battues; il y a aussi des femmes qui ont accompli de belles choses et qui ont été des moteurs de progrès», explique-t-il au téléphone.

Selon lui, ses propos ont été sortis de leur contexte: «Le débat a glissé sur les femmes battues. Je voulais ramener le curseur au bon endroit.» L’élu, connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche, estime qu’il n’a pas à présenter d’excuses. «Je n’ai insulté ni attaqué personne, justifie-t-il. La gauche a toujours des réactions épidermiques et détourne les propos d’autrui dans la direction qui l’intéresse.»

Vote du Conseil communal relativement consensuel

Le Château de Nyon avec ses tours historiques et des visiteurs se promenant sur la place, sous un ciel bleu, novembre 2020.

Le préavis adopté lundi propose de mettre en valeur les femmes qui ont marqué l’histoire de Nyon. Le programme, baptisé «Femmes de Nyon – Par elles et par Nyon», s’inscrit dans un vaste projet faisant suite à un postulat déposé en 2021. Ce texte pointait le déséquilibre de la toponymie nyonnaise en faveur des hommes.

Plusieurs initiatives ont déjà été menées en 2025 pour accroître la visibilité des femmes dans l’espace public: une exposition au château de Nyon et le renommage de trois emplacements.

Lundi, la Municipalité a demandé un crédit de réalisation de 70’000 francs pour publier un ouvrage de référence en 2026. Elle sollicitait également un crédit de fonctionnement annuel de 42’500 francs pour mener des actions continues entre 2026 et 2030. Ces fonds permettront notamment de renommer des lieux publics, d’organiser des expositions et des activités culturelles.

Malgré quelques réticences – liées aux souhaits d’économie face au budget déficitaire de la Ville de Nyon et au sentiment de certains que «le travail a déjà été fait» –, le débat n’a pas traîné. Une large majorité de l’assemblée s’est prononcée en faveur du préavis (74 oui, 7 non, 4 abstentions).

Newsletter

«La semaine vaudoise»

Retrouvez l’essentiel de l’actualité du canton de Vaud, chaque vendredi dans votre boîte mail.

Autres newsletters

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

Engagez-vous avec CDCL

Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.

Source de l’article : Source