Lot. Sauvé du suicide par sa maîtresse, un élu municipal, chef d’entreprise est condamné pour violences

, Lot. Sauvé du suicide par sa maîtresse, un élu municipal, chef d’entreprise est condamné pour violences

Ce jeudi 6 novembre 2025, le tribunal correctionnel de Cahors a jugé une affaire mêlant passion, dépendance et violence. S., chef d’entreprise quinquagénaire, père de famille, comparaissait pour des faits de violences sur son employée, également sa maîtresse. Les événements remontent à la nuit du 12 mai 2024, au cours de laquelle une dispute a dégénéré en drame : l’homme, en proie à l’alcool et à la dépression, a tenté de mettre fin à ses jours. Celle qu’il venait de frapper lui a pourtant sauvé la vie.

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Une nuit d’ivresse et de drame

Ce jeudi 6 novembre 2025, S., la cinquantaine, père d’un enfant, a comparu devant le tribunal correctionnel de Cahors. Il est poursuivi pour violences à l’encontre d’une de ses employées avec qui il entretenait une relation extra-conjugale. Les faits se sont produits au cours de la nuit du 12 au 24 mai 2024.

Aux environs de 23 h, le 12 mai 2024, gendarmes et sapeurs-pompiers se retrouvent au domicile de S. qui a tenté de mettre fin à ses jours. Ce geste désespéré est survenu dans le cadre d’une dispute qui a éclaté en cours de la soirée. S. admet qu’il doit la vie sauve à sa maîtresse. Elle a coupé la corde accrochée à une mezzanine, que S. avait passé autour du cou. Cette scène s’est déroulée sur fond d’alcoolisation.

Madame travaillait dans une des sociétés gérées par S. et de temps à autre elle venait passer un moment avec lui. Ce jour-là, elle n’accepte pas que S. lui refuse l’inscription à un séminaire de formation. S. fait valoir que ce n’est pas la bonne période par rapport aux impératifs de la société. S. rabroue sa maîtresse, l’insulte, la pousse contre la porte et lui assène un coup lui provoquant des acouphènes. Elle lui remet une lettre de démission. Il jette le téléphone de Madame… Il la poursuit à l’extérieur de la maison. Les violences dont a été victime cette dame se sont traduites par 6 jours d’Incapacité Totale de Travail.

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Des traces de coups ont été relevées et Madame souffre d’un choc psychologique, découlant de la scène de tentative de suicide. Dans le cadre de l’enquête, sera saisie une carabine et des munitions.

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Une dispute qui dégénère en violences

S. explique au tribunal, « qu’il n’était pas bien » ce jour-là. Il reconnaît avoir été alcoolisé, « qu’il faisait de la dépression » et qu’il avait même décidé de mettre fin à ses jours.

Interrogé par la présidente, sur les violences infligées à sa maîtresse, S. répond :

– « Je n’ai jamais frappé personne, je ne me souviens pas ! De frapper quelqu’un je ne le conçois pas ! »

– « Pourquoi mentirait-elle ? » demande la présidente.

– « Peut-être qu’au moment de notre séparation, elle espérait des choses… je l’ai quand même remerciée de m’avoir sauvé ! » rétorque le prévenu.

S. fait l’objet d’un suivi par un addictologue et par un psychiatre. Il assure que ses prises d’alcool « c’était pour dormir, faire le vide et ne plus penser à rien ! » À présent, il suit un traitement contre l’alcool et la nicotine. Il n’a plus de relations avec sa maîtresse et il est retourné vivre avec sa compagne et son enfant.

« Un virtuose du déni », selon la partie civile

« Littéralement, elle lui a sauvé la vie ! » s’exclame Me Camille Mallemouche, au nom de la victime, partie civile. L’avocat s’étonne que S. ne se souvienne pas des coups dont il s’est rendu coupable envers sa maîtresse. Il souligne que cette dame originaire de l’Est de l’Europe n’a pas de famille dans la région et qu’elle s’est retrouvée redevable des largesses de S. Le 11 mai 2024, elle lui remet une lettre de démission de son poste de responsable d’une de ses sociétés et c’est à ce moment-là qu’il lui fait un chantage au suicide. Me Mallemouche s’insurge contre le yoyo émotionnel auquel s’est livré S. à travers le poste qu’elle occupait et la maison qu’il avait mise à sa disposition pour un loyer modique. L’avocat relève que S. n’a pas apprécié de se rendre compte que Madame discutait avec un autre homme que lui via des SMS. « C’est insupportable pour lui ! » estime Me Mallemouche. Il revient sur la scène de tentative de suicide et fustige les déclarations de S. lorsqu’il soutient que c’est en tombant au moment où la corde a été rompue, que Madame se serait fait mal… « Monsieur est un virtuose du déni ! » s’exclame l’avocat, qui n’entend rien laisser passer des déclarations à ses yeux mensongères du prévenu. Madame s’est portée partie civile et demande 500 € de dommages et intérêts qu’elle souhaite investir dans un suivi psychologique.

Le Procureur de la République requiert la sanction, la défense plaide la relaxe

Le Procureur de la République soutient également pour sa part, que S. a bien commis les violences qui lui sont reprochées. À ses yeux, les contusions portées sur le certificat médical de Madame corroborent la description des faits, tels que les a vécus Madame. Il requiert à l’encontre de S. dont le casier était vierge : 3 mois de prison avec sursis probatoire pendant 18 mois, avec obligation de soins, de réparer les dommages, de payer les sommes dues au Trésor public. De plus, il demande au tribunal de prononcer à l’encontre de S. une interdiction de porter une arme pendant 2 ans et la confiscation de la carabine et des cartouches retrouvées à son domicile.

Me Carine Villalongue, avocate de l’élu, chef d’entreprise, évoque une relation malsaine entre son client et sa maîtresse. Une vengeance ? s’interroge-t-elle. Elle souligne l’absence de Madame à l’audience. Elle indique que S. avait prêté 7 000 € à Madame lorsqu’elle a souhaité s’acheter une voiture et elle relève que le loyer du logement qu’elle payait pour la maison mise à sa disposition avait été limité à 250 €. « Elle porte plainte, parce qu’il l’a empêchée de partir en séminaire de formation ! » souligne l’avocate. Elle plaide la relaxe pour S. et fait valoir, que « c’était toujours Madame qui venait chez lui, alors que l’endroit est isolé… » Et ce soir-là, elle s’y est rendue une fois de plus, alors qu’elle savait que S. s’était déjà alcoolisé. Me Villalongue soutient qu’en raison de l’alcoolisation de son client, celui-ci ne pouvait pas exercer des violences. « Marié trois fois, plusieurs compagnes, pas une d’elles ne s’est plainte de violences de la part de S. » rapporte l’avocate. Elle termine en indiquant que cette dame a quitté un précédent compagnon en lui reprochant des violences… Elle demande sa relaxe des fins de la poursuite.

Après en avoir délibéré, le tribunal a reconnu S. coupable des faits reprochés et l’a condamné à 3 mois de prison avec sursis, avec interdiction de port d’arme pendant un an, confiscation de l’arme et des cartouches. La partie civile obtient gain de cause pour ses demandes au titre du préjudice subi. Le prévenu dispose d’un délai de 10 jours pour interjeter appel. 

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