« Ils l’ont massacré, à sa place je serais resté sur le carreau » : ils agressent violemment un conseiller municipal et s’enfuient avec sa voiture

l’essentiel Un conseiller municipal de Laroque-d’Olmes, en Ariège, a été violemment agressé par deux individus, le vendredi 3 octobre en début d’après-midi. Après celles du maire en avril 2022 et d’une conseillère en décembre 2023, c’est la troisième agression d’un élu dans la commune en trois ans.

La scène, semble-t-il, a été d’une rare violence. Il était environ 14 h 30, ce vendredi 3 octobre 2025 à Laroque-d’Olmes, en Ariège, lorsqu’un homme, gérant de société et conseiller municipal de la commune, a été agressé par deux individus au niveau des feux tricolores du carrefour des Quatre-Chemins. « Deux hommes ont surgi de la terrasse à côté, l’ont sorti du véhicule et l’ont tabassé, un véritable lynchage », raconte un témoin de la scène, qui est aussitôt intervenu pour porter secours au blessé. Selon une information non confirmée, l’élu aurait reconnu l’un de ses agresseurs avant qu’il ne s’enfuie avec son complice.

Secouru par un policier qui n’était pas en service

« Le vendredi 3 octobre 2025, aux environs de 14 h 30, une agression a été commise contre une personne dont le véhicule automobile était arrêté à un feu rouge dans les rues de Laroque d’Olmes, a détaillé le procureur de la République de Foix dans un communiqué en fin de journée. Il résulte des premières déclarations de la victime sur place et de celles d’un témoin de la scène, policier ariégeois qui n’était pas en service au moment des faits, que deux individus s’en sont pris violemment à elle ; elle aurait reçu plusieurs coups, et aurait été extirpée de sa voiture de force, tout en continuant à recevoir des coups. Le témoin a mis en fuite les agresseurs en criant ; ils sont parvenus à prendre la fuite avec l’automobile de la victime. »

L’agression s’est produite sur ce carrefour, alors que l’élu était arrêté aux feux.
L’agression s’est produite sur ce carrefour, alors que l’élu était arrêté aux feux. DDM – A. Cavicchiolo

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« Après avoir procédé aux constatations d’usage sur place, les gendarmes s’emploient actuellement à rechercher activement les auteurs des faits et se livrent à toutes les investigations nécessaires pour procéder rapidement à leur interpellation, poursuit le communiqué. La victime a été transportée au service des urgences pour un examen médical ; ses jours ne sont pas en danger. »

« Il importe surtout d’insister sur le fait que l’enquête débute à peine et qu’il n’existe pour le moment, en l’état de la procédure, aucun élément objectif sérieux et indiscutable qui démontrerait que la victime a été agressée à raison de sa qualité de conseiller municipal », conclut le procureur Olivier Mouysset.

« On a l’impression que c’est à Laroque plus qu’ailleurs, mais c’est faux »

Patrick Laffont, le maire de Laroque-d’Olmes, avait lui-même été agressé en avril 2022.
Patrick Laffont, le maire de Laroque-d’Olmes, avait lui-même été agressé en avril 2022. DDM, archives

Une précision qui n’importe guère au maire de la commune, Patrick Laffont. « Ça va faire trois élus de la commune, quand même », réagit-il. L’édile ariégeois sait de quoi il parle : le 15 avril 2022, il avait lui-même été frappé de plusieurs coups de pied au visage par un individu, finalement déclaré irresponsable par la justice. Le 14 juin 2023, une de ses conseillères municipales, Marie-Claude Grauby, avait à son tour été tabassée par une habitante de la commune. Son agresseure avait été condamnée à 5 ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Foix le 14 décembre 2023.

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Samuel Chomblet, un entrepreneur de 45 ans, est donc le troisième élu laroquais à être victime de tels agissements. « Malheureusement je n’étais pas présent, reprend Patrick Laffont. Les gens ont eu peur, ils sont partis, heureusement qu’il y avait ce policier qui a été témoin de la scène et qui a porté secours à Samuel. Mais je suis horrifié. Les gens disent : « A Laroque, c’est la zone, que fait le maire ? » On donne l’impression que c’est à Laroque plus qu’ailleurs, mais c’est faux. C’est parce que je dis tout, que je dénonce pour faire voir qu’on ne laissera pas ces gens dans l’impunité. »

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« Ils l’ont massacré, n’hésite pas à affirmer le maire, à sa place je serais resté sur le carreau. À un moment ça suffit, on ne va pas attendre qu’il y ait un mort et qu’on fasse une marche blanche. Les gens ont peur. Il faut les attraper et cette fois, j’espère que les auteurs ne seront pas déclarés irresponsables. »

« Nous sommes en soutien de tous les élus agressés dans l’exercice de leurs fonctions »

Président de l’association des maires et élus de l’Ariège, Jean-Jacques Michau soutiendra l’élu s’il a été agressé dans le cadre de ses fonctions.
Président de l’association des maires et élus de l’Ariège, Jean-Jacques Michau soutiendra l’élu s’il a été agressé dans le cadre de ses fonctions. DDM, archives – FLORENT DUPRAT

Président de l’Association des maires et élus de l’Ariège, le sénateur Jean-Jacques Michau ne peut que déplorer cette nouvelle agression d’un élu. « En tant que citoyen, je regrette et je condamne fermement ce type d’attaque, réagit-il. C’est inacceptable, en particulier dans nos petites bourgades. »

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Non sans une nécessaire prudence. « En tant que président de l’association des maires, nous sommes en soutien de tous les élus agressés dans l’exercice de leurs fonctions, poursuit-il. Si l’agression est en lien avec les fonctions d’élu de la victime et si elle porte plainte, l’association se portera partie civile et le soutiendra dans ses démarches. En revanche, si c’est une affaire personnelle, nous n’interviendrons pas. »

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Si la commune de Laroque-d’Olmes a connu trois agressions d’élu en trois ans, d’autres maires ou conseillers municipaux ont également été victimes de tels faits dans le département durant cette même période. Le 11 avril 2022, la maire de Tourtouse, Jacqueline Mauran, avait ainsi été blessée par une porte au cours d’un échange houleux avec une habitante. Celle-ci avait finalement été relaxée le 23 mars 2023. Le 26 septembre 2022, un habitant d’Arignac, excédé par les nuisances causées par un chantier, avait agressé le premier adjoint au maire avec une barre de fer, avant d’être condamné à quatre mois de prison avec sursis en février 2023. Enfin, en décembre 2022, une administrée avait giflé Jean Leclerc, le maire de Daumazan-sur-Arize, une affaire restée sans suite.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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