
“Maire, c’est le plus beau métier du monde”. Après tout ce qu’il a vécu, il est étonnant que le chrétien-démocrate Thomas Zschornak fasse encore ce genre de déclaration. Et pourtant, il le dit encore. Mais avec une pointe d’amertume dans la voix.
Il y a deux ans, l’ancien maire bénévole de Nebelschütz, une petite commune de l’est de l’Allemagne, a fait l’objet d’une intense campagne de harcèlement, alors même qu’il ne souhaitait pas se représenter pour un nouveau mandat, rapporte Die Tageszeitung. Il en est sorti épuisé, malade. Mais surtout, il est devenu le symbole d’un phénomène bien plus large.
“Nombre de gens qui s’engagent dans la vie politique locale se retrouvent pris à partie”, explique le journal de gauche berlinois. En 2022, 60 % des élus locaux allemands ont fait l’objet de menaces, de harcèlement ou d’agressions, d’après les données de la fondation Heinrich Böll et de l’université de Duisburg-Essen.
En janvier 2024, le ministère de l’Intérieur a même créé un “poste de médiateur pour la protection des fonctionnaires et élus locaux” pour faire face à ce phénomène.
Menaces et agressions
L’initiative fait écho aux réflexions françaises sur le sujet. Le 7 février, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi renforçant la sécurité et la protection des maires et des élus locaux.
D’après le ministère de l’Intérieur français, les violences à l’égard des hommes et femmes politiques avaient, entre 2021 et 2022, augmenté de 53,4 %, en raison des échéances électorales et des suites de la pandémie de Covid-19. Les députés étaient les plus visés, mais les attaques contre les maires représentaient malgré tout 15 % des cas recensés.
Côté allemand, la Tageszeitung relaie les témoignages de plusieurs élus concernés, qui considèrent que les violences dont ils sont victimes vont à l’encontre des principes de la démocratie libérale. “Livrés à eux-mêmes face à ces menaces, certains élus abandonnent et ne se représentent pas.”
Les personnalités citées par le quotidien parlent de campagnes de haine et d’intimidation sur les réseaux sociaux, de jets d’œufs pourris sur leur domicile, de lettres d’insultes. Être maire est peut-être “le plus beau métier du monde”, mais il implique aussi de se retrouver “entre le marteau et l’enclume”.
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