Le député Jérome Guedj, lors du congrès du PS à Nancy. (Photo by ROMEO BOETZLE / AFP) ROMEO BOETZLE / AFP
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Intervenant à la tribune du congrès du Parti socialiste, le député de l’Essonne a appelé ses camarades à cesser toute relation avec la France insoumise.
Ce n’était pas prévu, pas prémédité. « Oui. C’est sorti comme ça. Voilà… », lâche-t-il, les yeux embués, quelques minutes après son discours. Ce samedi après midi, devant des centaines de cadres et militants socialistes, Jérôme Guedj a qualifié son ancien mentor Jean-Luc Mélenchon de « salopard antisémite », provoquant les applaudissements de la salle. Un niveau de langage qu’il avait jusqu’ici toujours évité en public. Avant l’insulte, il s’était fendu d’une longue tirade pour justifier sa position sur le conflit israélo-arabe.
« Quand je dis qu’il n’est pas possible et souhaitable de défendre la revendication de la Palestine de la mer à la rivière, je défends la position historique des socialistes, notamment celle de François Mitterrand à la Knesset en 1982. A ce moment-là, je deviens le sioniste génocidaire pour Mélenchon. J’ai une meurtrissure terrible à dire devant ce congrès que pour la première fois de ma vie, j’ai dû dire de l’homme que j’ai aimé qu’il est devenu un salopard antisémite avec des propos qui sont pour nous absolument insupportables », a-t-il déclaré.
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Le député de l’Essonne intervenait ce samedi après-midi à la tribune du centre Prouvé à Nancy où se tient ce week-end le 81e congrès d’un Parti socialiste qui, même s’il s’en défend, reste toujours obsédé par la figure tutélaire de Jean-Luc Mélenchon. Il y a trois ans, à la faveur de la formation de la Nupes, Guedj avait renoué avec le chef des Insoumis qui fut jadis son mentor en politique. Mais il avait ensuite rompu avec lui au lendemain du 7 Octobre, quand les Insoumis refusaient de qualifier le Hamas d’organisation terroriste et brillaient par leur absence d’empathie avec les victimes du massacre.
Depuis cette rupture, les deux hommes s’invectivent à intervalles réguliers. La querelle, qui n’en finit pas, accrédite à chaque nouvel épisode l’idée vallsienne des deux gauches irréconciliables sur la question des valeurs. Fin avril 2024, en pleine campagne des élections européennes, Jean-Luc Mélenchon avait écrit que son ancien protégé s’agitait « autour du piquet où le retient la laisse de ses adhésions ». La phrase avait heurté jusqu’aux élus de la France insoumise. « C’est la première fois qu’on m’essentialise en tant que juif », avait confié Jérôme Guedj. Depuis, il est souvent conspué par les cadres de la France insoumise qui le taxent de sioniste. Sur le terrain aussi, c’est devenu compliqué. Il s’est ainsi fait récemmentexpulser d’un rassemblement contre l’islamophobie aux cris de « PS parti sioniste ». Il a connu pareille mésaventure lors du défilé du 1er mai.
Sur les réseaux sociaux, la réaction des insoumis à l’insulte n’a pas tardé. Un compte Twitter anonyme proche du mouvement mélenchoniste a donné le la. « Le minable haineux Jérôme Guedj prend la pose de la résistance à l’air du temps alors qu’il surfe sur la démagogique médiatique pour passer à la télé depuis des mois en s’autovictimisant et de nous étaler le pseudo-courage de la nuance en mentant et insultant Mélenchon. »
Après son coup de sang, le député de l’Essonne a exhorté ses camarades à cesser toute relation avec les Insoumis. « Je suis un fervent défenseur du rassemblement de la gauche et des écologistes, mais je nous adjure collectivement : ne vendons pas notre âme aujourd’hui au nom de ces huées fanatiques. »
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