Violence politique Hausse « notable » des attaques envers les élus locaux

Les élus locaux de nombreux pays sont frappés de plein fouet par la violence politique et doivent repenser leur engagement public en raison des risques courus.

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Ce qu’il faut savoir

  • Plus de 2600 attaques contre des élus locaux ont été recensées dans le monde en 2024.
  • Ces attaques découlent notamment du manque de protection accordé aux responsables locaux par les États, qui accordent la part du lion des ressources aux élus nationaux.
  • Des groupes criminels qui cherchent à accroître leur influence sont souvent en cause dans les attaques recensées au Mexique, le pays le plus touché par la problématique.

L’Armed Conflict Location & Event Data (ACLED), un groupe de recherche qui collige des données à ce sujet, indique avoir relevé 2625 évènements violents en 2024 dans un nouveau rapport publié cette semaine.

Il peut s’agir aussi bien de tentatives de meurtre que d’enlèvements et d’actes de vandalisme visant des propriétés liées aux administrateurs locaux.

Le rapport note qu’une augmentation « notable » d’attaques a été observée dans une quarantaine de pays, le Mexique, la Birmanie, l’Inde, le Nigeria et les Philippines étant les plus touchés.

Le directeur de l’analyse de l’ACLED, Andrea Carboni, relève en entrevue que les élus locaux sont particulièrement touchés par la violence parce qu’ils sont mal protégés, notamment lors de la tenue d’élections.

Beaucoup d’États investissent des ressources considérables pour assurer la sécurité des élections nationales, mais échouent à en faire autant pour les scrutins locaux.

Andrea Carboni, chercheur de l’organisation Armed Conflict Location & Event Data

Les attaques recensées peuvent notamment être l’œuvre de gangs ou d’organisations criminelles qui cherchent à favoriser leurs intérêts en évinçant des élus peu conciliants.

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En octobre, le corps décapité d’Alejandro Arcos a été découvert dans une voiture moins d’une semaine après qu’il est devenu maire d’une petite ville montagneuse dans l’État mexicain du Guerrero. Il s’agissait du troisième élu municipal tué en quelques jours dans le secteur.

L’ACLED a enregistré 340 attaques pour l’ensemble du Mexique en 2024, ce qui en fait le pays le plus touché de la planète.

Guerre civile et clivage politique

La dynamique est sensiblement différente en Birmanie, où 305 attaques ont été recensées.

Le pays est plongé dans une guerre civile sanglante découlant d’un coup d’État survenu en 2021. Plusieurs groupes armés, parfois liés à d’importantes communautés ethniques, livrent bataille contre l’armée.

Des dizaines d’administrateurs locaux qui travaillent pour la junte militaire au pouvoir ont été la cible de tentatives d’assassinat après avoir tenté de conscrire de jeunes hommes pour l’armée.

Les administrateurs qui cherchent plutôt à servir les intérêts du gouvernement d’unité nationale formé par les factions rebelles ont été la cible de plusieurs attaques aériennes meurtrières.

En Europe, où 180 attaques ont été recensées, le pays le plus touché par la violence visant des élus locaux en 2024 est l’Italie.

Les petites municipalités du Sud, où le crime organisé est très actif, sont particulièrement vulnérables, selon l’ACLED, parce que les médias s’y intéressent peu et que les élus sont laissés à eux-mêmes pour gérer de « complexes défis territoriaux, économiques et sociaux ».

L’Allemagne a enregistré 18 attaques, le deuxième total en importance sur le continent. Le rapport indique qu’une dizaine visait des représentants locaux de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), témoignant des tensions suscitées par la montée en popularité de la formation d’extrême droite.

Des élus municipaux de la ville de Karlsruhe ont notamment été attaqués par des individus masqués armés de bâtons de baseball en juin.

Des élus sociaux-démocrates et écologistes ont aussi été pris à partie dans un contexte de fort clivage politique.

M. Carboni note que les attaques contre des élus locaux survenus lors de la pandémie de COVID-19 ont montré l’impact que la division et la désinformation peuvent avoir.

C’est souvent, dit-il, au niveau local que la mise en œuvre des consignes sanitaires était articulée, plaçant les responsables en position délicate face aux citoyens frustrés.

La pandémie a aussi contribué à une explosion du nombre de menaces en ligne, que l’ACLED n’inclut pas dans sa collecte de données.

Postes désertés

Bridging Divides Initiative, une organisation partenaire qui étudie la problématique aux États-Unis, relève que le nombre de cas de menaces et de harcèlement visant des élus locaux a bondi de 74 % de 2022 à 2024.

Un sondage indique qu’une fraction importante de ces élus s’efforcent d’éviter les enjeux controversés et songent à renoncer à leur travail par crainte pour leur sécurité ou celle de leurs proches.

Plusieurs pays européens se disent aujourd’hui préoccupés par le fait que de nombreux postes locaux ne sont pas pourvus faute de candidatures, indique M. Carboni.

Un meilleur suivi auprès des élus est nécessaire pour mieux documenter la situation, relève le chercheur, qui évoque par ailleurs la possibilité de contraindre les géants de la Silicon Valley à une plus grande vigilance pour bloquer les messages menaçants.

Le sujet s’annonce complexe en raison des divergences de vues existantes entre l’Europe et les États-Unis en matière de contrôle du contenu en ligne.

Les responsables d’un bureau de scrutin du Nevada qui avaient porté plainte aux États-Unis en janvier 2020 après avoir reçu des menaces de mort se sont fait dire par les policiers qu’ils ne pouvaient agir sans enfreindre les protections constitutionnelles existantes en matière de liberté d’expression.

« On est encore au début de la discussion », note M. Carboni.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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