Le maire de Limoges Émile Roger Lombertie et deux de ses adjoints mis en examen pour harcèlement

C’est une nouvelle qui va avoir l’effet d’une bombe politique.

Dans la soirée de ce mardi 6 mai, le maire de Limoges, Émile Roger Lombertie, a été mis en examen pour harcèlement moral et sexuel. Une information que nous confirme le parquet de Tulle ce mercredi soir dans un communiqué. Le procureur de la République de Tulle, François Tessier, indique que « le maire de Limoges et ses deux adjoints ont été mis en examen dans le cadre de l’information judiciaire ouverte […] pour des faits de harcèlement moral sur cinq victimes et des faits d’harcèlement sexuel par une personne abusant de l’autorité conférée de ses fonctions sur une victime ». Un peu plus tôt dans la journée, il avait été entendu au tribunal de Tulle, par le juge d’instruction en charge de l’affaire. 

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Emile-Roger Lombertie, maire de Limoges. Archives

 

Les deux autres élus de Limoges Métropole mis en cause dans cette affaire ont été entendus à leur tour ce mercredi 7 mai à Tulle.

Catherine Mauguien-Sicard et Jean-Marie Lagedamont ont été mis en examen pour harcèlement moral à l’encontre de respectivement deux et une victime. « Elle conteste fermement les faits qui sont reprochés. Elle veut faire reconnaître son innocence », a réagi son avocat maître Joël Frugier, qui a confirmé l’information.

Les trois élus, interrogés en ce début de semaine lors de leur interrogatoire de première comparution (IPC), ont été « placés sous contrôle judiciaire avec l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes retenues, et l’interdiction de se fréquenter (sauf nécessités liées à l’exercice de leurs fonctions) », précise le procureur de Tulle.

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Catherine Mauguien-Sicard et Jean-Marie Lagedamont. Archives

Deux issues s’ouvrent désormais pour les trois élus limougeauds : soit ils seront convoqués à une audience pour être jugés de ce délit, soit le juge d’instruction rendra une ordonnance de non-lieu.

Pour rappel, à l’heure où nous écrivons ces lignes, Émile Roger Lombertie, Catherine Mauguien-Sicard et Jean-Marie Lagedamont, sont présumés innocents des faits qui leur sont reprochés.

Les investigations se poursuivent.

Rappel des faits

L’affaire a commencé en février 2024, lorsque deux agents de Limoges Métropole, un cadre et une ex-directrice, ont déposé plainte pour des faits de « harcèlement moral interpersonnel » et de « harcèlement institutionnalisé par l’absence totale d’intervention hiérarchique malgré plusieurs alertes ». S’y ajoutait un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, pour une possible agression sexuelle.

Après la révélation de l’affaire dans Le Monde en février 2024, l’avocate parisienne des plaignants, Me Christelle Mazza, avait déclaré que « cette libération de la parole a permis de mettre à jour d’autres victimes présumées. » Ce que semble vouloir confirmer aujourd’hui la mise en examen du maire de Limoges et de ses deux adjoints.

« Cette décision montre que la justice a eu raison d’accorder du crédit aux faits dénoncés par mes clients. D’autant plus qu’actuellement, une des deux personnes continue de subir les représailles de sa dénonciation », nous confie l’avocate des victimes ce mercredi soir. Dans ce genre d’affaire, le contrôle judiciaire est très rare et ça montre que le dépaysement demandé était utile ». Avant d’ajouter : « Les élus ont un devoir d’exemplarité et le fait qu’ils ne puissent plus entrer en contact, en dehors de leur fonction, vise à garantir la sérénité de l’enquête. Une mise en examen à la suite d’un entretien de première comparution signifie qu’il y a des indices graves et concordants. Cela montre qu’il y a vraiment des éléments solides. »

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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