Choqués, les socialistes pointent un antisémitisme derrière les agressions du 1er mai

L’un des principaux cadres du PS, Nicolas Mayer-Rossignol, a dénoncé « des lâches encagoulés, vêtus de noir et qui ont carrément agressé physiquement les militants et les élus socialistes, un parce qu’ils sont socialistes, et deux, parce que certains d’entre eux sont juifs ».

Les incidents se sont produits sur le stand installé par le parti. Des manifestants habillés de noir, certains portant des drapeaux antifas, ont vivement bousculé des élus et militants. Le ministère de l’Intérieur a fait état de quatre blessés légers parmi les socialistes.

Depuis une dizaine d’années, et notamment lors des manifestations contre la loi travail de 2016, les socialistes sont habitués à entendre « tout le monde déteste le PS » scandé par l’extrême gauche dans les manifestations.

Mais là, « il y a eu des tirs de mortier. On a des copains qui se sont retrouvés aux urgences. Ça aurait pu être extrêmement grave », a jugé M. Mayer-Rossignol sur Sud Radio.

Et plusieurs socialistes ont aussi entendu des insultes à relents antisémites. « Des militants qui se prétendent de la gauche, de l’extrême gauche (….) se sont mis d’abord à nous insulter de +sales sionistes+, de +génocidaires+, de +traîtres+ », a raconté l’eurodéputée Emma Rafowicz.

Le député Jérôme Guedj, juif comme Mme Rafowicz, a dû être écarté du cortège après avoir déjà dû quitter un rassemblement dimanche contre l’islamophobie organisé à la suite du meurtre d’un fidèle dans une mosquée du Gard.

« Tout cela est cohérent avec la détestation qu’ils ont à l’endroit des socialistes et à mon endroit singulier », a déclaré M. Guedj pour qui « cela pue l’antisémitisme ». Même s’il a confié lui-même jeudi ne pas avoir entendu d’insulte antisémite dans le cortège du 1er-Mai.

les excuses de Tondelier

Alors que les polémiques sur l’antisémitisme à gauche sont généralement provoquées par LFI (positionnement après le 7 octobre, affiche Hanouna, etc) cette fois-ci c’est la patronne des écologies Marine Tondelier qui a semé le trouble jeudi soir en laissant entendre que Jérome Guedj avait un comportement un peu provocateur en venant aux manifestations.

Un membre du personnel de sécurité du Parti socialiste (PS) (g) se heurte aux manifestants et aux militants antifascistes de gauche (antifa) lors d'un rassemblement marquant la Journée internationale des travailleurs, le 1er mai 2025 à Paris
Un membre du personnel de sécurité du Parti socialiste (PS) (g) se heurte aux manifestants et aux militants antifascistes de gauche (antifa) lors d’un rassemblement marquant la Journée internationale des travailleurs, le 1er mai 2025 à Paris © Alain JOCARD / AFP

Elle a fait son mea culpa vendredi matin, expliquant avoir été mal informée des incidents. « Jérôme Guedj comme l’ensemble des socialistes et des manifestants, doit pouvoir le faire (manifester) dans la sérénité (…) Quant à savoir s’il existe un antisémitisme d’extrême gauche, la réponse est oui », a-t-elle affirmé, en présentant ses excuses.

Plusieurs personnalités de gauche ont apporté leur soutien à M. Guedj. « Il y a des actes d’antisémitisme en France, je les condamne tous sans réserve y compris les violences dont peut faire l’objet Jérôme Guedj », a renchéri Lucie Castets sur franceinfo.

Mais les Insoumis, accusés par M. Mayer-Rossignol d’entretenir un « climat » par « leur stratégie de fracturation et de brutalisation du débat », se sont contentés du service minimum sur Jérôme Guedj qui leur est radicalement opposé.

« J’ignorais que Guedj était un travailleur tant il occupe l’espace médiatique du 1er-Mai traditionnellement réservé aux travailleuses et travailleurs qui souffrent de leur labeur », a réagi pour sa part le député LFI Aly Diouara. « Invisibiliser cette date à des fins d’instrumentalisation de l’antisémitisme est dégueulasse », a-t-il accusé sur X.

Même au sein du PS, le climat est tendu. Jérôme Guedj, qui est dans le camp des opposants à Olivier Faure et derrière Nicolas Mayer-Rossignol pour le prochain Congrès, s’en est pris sur X au premier secrétaire qui n’a pas eu « un appel ni hier ni depuis dimanche pour le porte-parole du PS que je suis ».

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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