Le bourreau se serait-il glissé dans la peau de la victime ? Depuis 2022, une affaire empoisonne la vie municipale d’un village situé à quelques kilomètres de Houdan (Yvelines). Nous sommes à Adainville (Yvelines), 650 habitants environ. Ce dossier, radioactif, a même été jusqu’à provoquer des élections anticipées en 2023. Les deux principaux acteurs en sont le maire, jugé omnipotent par ses détracteurs, et un major de gendarmerie, un peu trop zélé.
La plainte du maire Jean-Marc Raimondo pour harcèlement moral a été classée sans suite en fin d’année 2024. Les mis en cause – Pascal Saulet, un habitant, et Francesco Mingoia, conseiller municipal – contre-attaquent en ce début du mois d’avril 2025.
« Cette histoire de harcèlement a été montée de toutes pièces. »
Un major de la gendarmerie mis en cause
L’apparition de Jean-Marc Raimondo dans un reportage de France 3 Île-de-France sur le thème des agressions dont peuvent être victimes les élus n’est pas passée chez les deux hommes qui ont été interrogés de longues heures par la gendarmerie. « Il dit qu’aujourd’hui il en rit, mais nous, on en subit toujours les conséquences », témoigne Pascal Saulet.
De multiples rebondissements
Retour sur un dossier aux rebondissements multiples. En janvier 2024, Francesco Mingoia dépose plainte pour atteinte à la vie privée après avoir découvert une caméra au-dessus de l’armoire électrique de la cantine posée « par le maire pour me surveiller sans informer les salariées ou le bureau du syndicat intercommunal qui gère l’équipement ».
Cette dernière aurait par la suite « disparu ». « J’attends encore qu’on me transmette l’ensemble des éléments du dossier », assure-t-il. Le traitement de sa plainte et de celle du bureau du syndicat intercommunal, classées sans suite, aurait mis la puce à l’oreille des deux hommes sur des relations inappropriées entre Jean-Marc Raimondo et le commandant de la brigade de gendarmerie de Houdan.

« Enquête à charge » et « interrogatoires orientés »
À la lecture du dossier concernant les supposés faits de harcèlement subis par le maire, ils assurent en avoir eu confirmation. « Tous ces interrogatoires étaient orientés, toute l’enquête a été faite à charge et il y avait des annotations de sa main sur les pièces », rapportent-ils.
Le travail du gendarme lui a d’ailleurs valu une sanction pour « faute disciplinaire ». Mis en retrait de sa fonction de major, il attend désormais de connaître son lieu de mutation. « C’est une affaire sensible », confirme son supérieur hiérarchique, le colonel Vincent Roche.
« Le traitement d’une affaire judiciaire par le major a pu faire se poser des questions au parquet. Il n’est pas mis en cause, c’est une question de traitement technique et déontologique discutable de l’affaire. Des mesures ont été prises en interne. »
Assurant que cet « épiphénomène n’a eu aucune répercussion sur la population ou les élus », le colonel Roche précise qu’un nouveau major arrivera à l’été 2025 à Houdan.
« Je suis le maire qu’il a défendu »
Sur la question du départ du major, Jean-Marc Raimondo nous a sobrement répondu qu’il « n’en parlerait pas » lors de notre dernière rencontre, le 30 mars 2025, en marge de la manche de la Coupe de France de paracyclisme organisée dans la commune.
L’édile était bien plus bavard dans un mail envoyé en début d’année à un groupe d’élus en réponse à l’annonce du départ du major, que nous avons pu consulter. « Je suis atterré par l’annonce du major d’autant plus que je suis le maire qu’il a défendu », assurait-il alors pour soutenir celui qui lui aurait sauvé la vie d’après ce message.
« Je vous propose de nous mobiliser, car si nous acceptons cette décision, nous perdons tout sens commun sur l’engagement de la gendarmerie à nos côtés. »
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Un édile omniprésent
Le dossier aurait aussi révélé l’ampleur de la surveillance mise en place par Jean-Marc Raimondo. « Grâce aux caméras de vidéosurveillance de la commune, il a comptabilisé 158 passages de nos voitures, assure Pascal Saulet. J’ai comme l’impression d’être Numéro 6 (en référence au personnage principal de la série télévisée Le Prisonnier – N.D.L.R.). Il m’arrive de faire des détours maintenant pour éviter d’être épié. »
Un faux compte d’habitant aurait aussi été créé afin d’infiltrer la page sur les réseaux sociaux du collectif pour Adainville, dont les deux hommes font partie.
Lors du dernier conseil municipal, Édouard Odier a remplacé Hervé Barbier au poste de premier adjoint. Ce dernier a démissionné pour raisons personnelles.
« Il ne reste plus que deux élus de la liste originale du maire. Tous les adjoints ont démissionné, et moi j’ai été rétrogradé simple conseiller municipal malgré ma volonté de m’engager pour la commune. »
Le club de tennis en victime collatérale ?
Les deux hommes maintiennent que les multiples rumeurs propagées à leur encontre leur « pourrissent la vie depuis quatre ans ». Ils décrivent une commune où l’entre-soi permettrait de s’affranchir de certaines règles d’urbanisme et où l’information à la population comme aux élus se ferait avec parcimonie et au bon vouloir de l’édile.
La situation est telle qu’elle pourrait provoquer la mise à l’arrêt du club de tennis adainvillois. L’absence de subvention accordée dans le budget a été la goutte d’eau pour son président Pascal Saulet. « C’est du dénigrement permanent, regrette-t-il. Je pense à arrêter, à convoquer une assemblée générale extraordinaire pour dissoudre le club. De toute façon, si on ne fait pas partie du cercle de Raimondo, on ne peut rien faire. »
Le responsable du club aux 70 adhérents dénonce aussi un manque d’entretien des tennis décidé par le maire « pour pouvoir les récupérer ».
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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
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