Essonne : après une altercation, les élus de cette ville s’accusent mutuellement d’homophobie et de sexisme

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Des accusations croisées entre élus après une séance du conseil de la Communauté de Communes du Val d’Essonne (CCVE) très agitée. Mardi 8 avril, en pleins échanges pour le budget, Laetitia Colonna de Leca (sans étiquette), élue communautaire et première adjointe à la mairie d’Itteville, s’est adressée à Yoann Marfa-Anglada (Modem), conseiller municipal d’opposition dans leur ville et également élu à la CCVE, et a utilisé le terme homophobe « pédé ».

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Une plainte déposée

Ces faits sont donc intervenus mardi soir en pleine séance du conseil de la CCVE à Ballancourt-sur-Essonne. Alors que des discussions sur le budget étaient en cours, plusieurs élus issus Itteville (positionnés à proximité dans la salle malgré leurs divergences politiques) sont en train de parler dans le fond de la salle. Ils est notamment question d’une vidéo publiée sur TikTok par Laetitia Colonna De Leca et dans laquelle un homme s’assoit sur ses genoux.

L’adjointe affirme avoir alors fait l’objet de plusieurs réflexions sexualisantes et obscènes, notamment de Yoann Marfa-Anglada, qui lui aurait finalement lancé « tu te tapes des jeunes », ce à quoi elle affirme avoir répondu « eh bah dis donc, tu serais pas à moitié pédé ? ».

Si elle « regrette » avoir fait usage de ces termes dont le caractère homophobe n’est pas équivoque, Laetitia Colonna de Leca nie toute volonté discriminatoire et explique s’être exprimée sur le ton de la raillerie, dans une discussion qui comportaient déjà des termes insultants. Elle assure d’ailleurs avoir été « chauffée à blanc » pendant 20 minutes auparavant, notamment par Yoann Marfa-Anglada, qui lui aurait donc fait des remarques sur ses prétendues relations sexuelles en utilisant des termes dégradants. Ce dernier aspect est corroboré par le maire d’Écharcon Gérard Rassier (sans étiquette), qui se dit « très choqué » de ce qu’il a entendu. L’élue n’a toutefois pas fait part d’une intention de porter plainte.

Une version contestée de bout en bout par M. Marfa-Anglada, qui assure ne pas avoir adressé la parole à la première adjointe d’Itteville avant d’avoir été la cible du terme homophobe. « Je me suis tourné vers elle et elle m’a dit : ‘N’écoute pas ça toi, […] t’es à moitié pédé’». L’élu a porté plainte.

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« Je ne peux pas dénoncer des propos manifestement homophobes et en parallèle proférer des propos sexistes ou même dégradants, ça n’a pas de sens. Je ne juge jamais une personne sur ce qu’elle est, peu importe qui est cette personne », se défend l’élu.

Décision d’expulsion de la séance

Là où les deux versions convergent, c’est donc sur le fait que le « pédé » a bien été prononcé par Laetitia Colonna de Leca et que Yoann Marfa-Anglada s’est ensuite rapproché du micro pour interpeller le reste du conseil communautaire et dénoncer une insulte homophobe.

Prenant acte des récriminations portées par l’élu Modem, le président du conseil Patrick Imbert (Horizons) a alors suspendu la séance et condamné les propos de l’adjointe d’Itteville. Il a à ce titre « prononcé l’expulsion de Madame Colonna pour trouble manifeste à l’ordre public » et ce « conformément au règlement intérieur du conseil communautaire ». Patrick Imbert indique avoir par ailleurs réalisé un signalement auprès du procureur de la République et a ultérieurement dénoncé dans un communiqué un « délit qui humilie, qui isole, qui tue ».

Les versions discordent également fortement sur un autre pan des faits : Yoann Marfa-Anglade affirme que Gérard Rassier se serait montré « agressif » à son encontre après sa dénonciation des propos de Laetitia Colonna de Leca : « Il m’a dit que ‘Si tu as un problème, viens on va régler ça dehors’ ». Des éléments niés en totalité par le maire d’Écharcon.

Au-delà du sujet de l’altercation, l’adjointe d’Itteville affirme que cet incident de séance et cette expulsion constituent une manipulation destinée à la silenciée, car elle projetait de dénoncer la gestion de la société publique locale (SPL) Territoires de l’Essonne. Elle accuse notamment le camp de Patrick Imbert d’avoir fait perdre plus 2,5 millions d’euros au contribuable. Des accusations également portées par Gérard Rassier mais que la majorité à la CCVE rejettent.

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