La sécurité des élus locaux électrise les débats à l’Assemblée nationale

Un policier surveille le domicile du maire de l’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), Vincent Jeanbrun, le 2 juillet 2023, après que des émeutiers ont attaqué sa maison en voiture-bélier, blessant la femme et l’un des enfants de l’élu. Un policier surveille le domicile du maire de l’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), Vincent Jeanbrun, le 2 juillet 2023, après que des émeutiers ont attaqué sa maison en voiture-bélier, blessant la femme et l’un des enfants de l’élu.

Le sujet a beau être consensuel, la discussion entre les députés fut électrique. Certes, le résultat est là : mercredi 7 février, l’Assemblée nationale a voté, par 205 voix contre 24, une proposition de loi qui renforce la protection des élus locaux. Seule La France insoumise (LFI) a voté contre. Le texte de vingt et un articles, adopté par le Sénat le 10 octobre, envoie un message fort : « Les urgentistes de la République : on ne touche pas. Sinon, la République ne tient plus », a déclaré le député communiste de la Seine-Maritime Sébastien Jumel.

Les mesures votées reprennent un grand nombre de celles présentées par le gouvernement en juillet 2023. Un autre projet de loi sur « le statut de l’élu » sera discuté au printemps. Ces dernières années, des affaires spectaculaires ont défrayé la chronique, comme la démission en 2023 du maire de Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique) après l’incendie de son domicile, ou l’attaque à la voiture-bélier de la maison de celui de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) pendant les émeutes de juillet.

Un contexte tragique, renforcé par des statistiques frappantes : les agressions contre les élus explosent (+ 15 % entre 2023 et 2022, après + 32 % l’année précédente). Quelque 1 300 maires ont démissionné depuis 2020. Or, ce sont eux qui « tiennent debout la baraque France », a pointé M. Jumel, s’occupant de la cantine au 14-Juillet en passant par la réconciliation des voisins.

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« Protection fonctionnelle » automatique

Le texte contient une mesure promise depuis longtemps : en cas de violence contre des élus locaux, les sanctions seront alignées sur celles qui concernent les policiers ou les pompiers. En outre, insulter un élu pourra conduire à une peine de travail d’intérêt général. Et son harcèlement est devenu une circonstance aggravante.

Par ailleurs, la « protection fonctionnelle » (réparation et assistance) accordée en cas d’agression sera automatique : un vote ne sera plus nécessaire. Cette protection est élargie aux anciens élus. « Une vraie mesure de justice », a insisté le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, Christophe Béchu : « Quand une vie politique locale s’arrête, il est fréquent que le téléphone s’arrête de sonner et que la gratitude s’estompe, a-t-il rappelé. Mais pas forcément les insultes de ceux qui se souviennent de la décision défavorable que vous avez pu prendre… »

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Autre disposition : la sécurité des candidats sera garantie pendant six mois de campagne, et en partie prise en charge. La peine sera aggravée si leur famille est visée. « Protéger un candidat, c’est protéger la vitalité démocratique », a justifié Violette Spillebout (Renaissance, Nord), rapporteure du texte.

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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