
La chaîne C8 disparaîtra de la TNT le 28 février à minuit, conformément à la volonté de l’Arcom. Une décision qui fait suite à une flopée de signalements et de sanctions depuis des années auprès de l’Autorité de régulation. La Dépêche vous en propose 12 exemples.
Conformément à la décision de l’Arcom de ne pas renouveler son autorisation, la chaîne C8 cessera d’émettre sur la TNT dès vendredi 28 février à minuit. Une atteinte à la liberté d’expression selon certaines personnalités politiques, comme Marine Le Pen ou le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Mais aussi pour Cyril Hanouna, le présentateur de l’émission phare de C8 « Touche pas à mon poste » (TPMP). Cette décision fait pourtant suite à de nombreuses sanctions du régulateur public (et de son ancêtre le CSA), depuis près d’une dizaine d’années, qui visent très fréquemment l’émission du « trublion du PAF ». Florilège.
L’agression sexuelle de Soraya Riffi
Dans la nuit du 13 au 14 octobre 2016, lors d’un marathon de TPMP, le chroniqueur Jean-Michel Maire a embrassé la poitrine de la danseuse Soraya Riffy sans son consentement. La scène a été signalée au CSA comme une « agression sexuelle » par 250 personnes, dont la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, conduisant à la mise en demeure de C8.
Le « jeu » graveleux avec Capucine Anav
Le 7 décembre 2016, Cyril Hanouna a proposé à la choniqueuse Capucine Anav un « jeu » qui consistait à lui bander les yeux et à lui faire deviner sur quelles parties de son corps l’animateur lui faisait poser les mains. Au cours de ce « jeu », Cyril Hanouna a conduit Capucine Anav à poser la main sur son sexe. En conséquence, le CSA a sanctionné la chaîne en suspendant sur une durée de quinze jours les publicités diffusées peu avant, pendant et peu après l’émission.
Le canular homophobe
Le 18 mai 2017, sur le plateau de TPMP, Cyril Hanouna a organisé un canular téléphonique au cours duquel il piégeait des hommes homosexuels en se faisant passer pour l’auteur d’une petite annonce. Non seulement les informations personnelles des individus piégés n’étaient pas dissimulées, mais aussi l’animateur a adopté un comportement jugé caricatural et discriminant à l’égard des homosexuels. Le CSA a condamné C8 à une amende de trois millions d’euros.
L’homophobie de Cyril Hanouna : une enquête de 2016 montrait qu’en 1 mois de TPMP, il évoquait 28 fois l’homosexualité négativement. Rappelons aussi son canular homophobe, l’outing de Delormeau, la menace de meurtre à Jeremstar…https://t.co/BrDdgsmFlgpic.twitter.com/DUeHX9RtED
— Le coin des LGBT+ (@lecoindeslgbt) November 30, 2023
Les insultes envers Anne Hidalgo
Le 5 octobre 2022, Cyril Hanouna s’en est pris à la maire de Paris Anne Hidalgo, l’invitant à « fermer sa gueule » à plusieurs reprises et à « chasser les rats au lieu de dire des conneries ». Il l’a aussi mise au nombre d’une « bande d’abrutis », conduisant l’Arcom à condamner C8 à une amende de 300 000 euros.
L’affaire Lola
En octobre 2022, l’Arcom a été saisie à de nombreuses reprises suite à des séquences de TPMP s’étalant sur plusieurs jours concernant le meurtre de Lola Daviet. Alors que l’instruction judiciaire était encore ouverte, des bandeaux ont qualifié la principale suspecte de « présumée coupable » et a « appelé à plusieurs reprises à des procès expéditifs et à des condamnations à perpétuité automatiques dans de tels cas ». L’Arcom a dénoncé « un manquement de l’éditeur à l’obligation de traiter avec mesure une affaire judiciaire en cours ».
Les insultes envers Louis Boyard
Le 10 novembre 2022, le député de La France insoumise Louis Boyard, invité sur le plateau de TPMP, a été interrompu et traité « d’abruti », de « tocard », de « bouffon » et de « merde » par Cyril Hanouna alors qu’il critiquait les activités de Vincent Bolloré, principal actionnaire du groupe Canal+ qui détient C8. L’Arcom a mis en demeure la chaîne et l’a condamnée à une amende record de 3,5 millions d’euros.
\ud83d\udde3\ufe0f« C’est quelqu’un qui est totalement soumis à son milliardaire. »
\ud83d\udd34Louis Boyard, ex-chroniqueur de TPMP aujourd’hui député LFI, revient sur le clash entre lui et Cyril Hanouna sur le plateau de l’émission. pic.twitter.com/zzy4I2sQjo
— Complément d’enquête (@Cdenquete) November 30, 2023
A lire aussi : Cyril Hanouna condamné à 4 000 euros d’amende pour avoir injurié le député LFI Louis Boyard en 2022
Les insultes envers Joy Hallyday
Le 30 janvier 2023, les chroniqueurs de TPMP ont commenté des vidéos publiées sur TikTok par Joy Hallyday, la fille de Johnny et Laeticia Hallyday, alors âgée de 14 ans. Kelly Vedovelli l’a notamment qualifiée de « te-pu » (« pute » en verlan) et a déclaré : « Pour moi, c’est le summum de la vulgarité, donc pour moi, c’est hyper vulgaire, avec sa langue, sa bouche, ses nichons. » L’Arcom a également reproché à l’émission d’avoir diffusé les vidéos « en plan rapproché et pendant une durée importante », nuisant à la réputation de la jeune fille. Conséquence : une amende de 50 000 euros pour C8.
La « fake news » sur l’adrénochrome
Le 9 mars 2023, l’essayiste Gérard Fauré a soutenu sur le plateau de TPMP la thèse complotiste selon laquelle des personnalités publiques, dont Pierre Palmade, consommeraient de l’adrénochrome, une substance prétendument psychoactive, qu’ils prélèveraient sur des enfants par la torture. C8 a écopé d’une mise en demeure et d’une amende de 500 000 euros pour son manque de « rigueur dans la présentation et le traitement de l’information ».
Les faux membres de la BRAV-M
Le 31 mars 2023, Cyril Hanouna a invité sur TPMP quatre membres prétendus de la brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M), non identifiables en raison des cagoules qu’ils portaient. Une enquête de la Préfecture de police de Paris a finalement démontré qu’aucun des invités n’appartenait à la BRAV-M. C8 s’en est sortie avec une mise en garde.
1\u20e3 Les fakes news sur TPMP
Contrairement à ce que Cyril Hanouna continue de soutenir, aucun policier de la Brav-M n’était présent sur le plateau de TPMP. Et Cyril Hanouna et ses équipes le savaient bien avant l’enregistrement de l’émission. \u2b07\ufe0f pic.twitter.com/UVQPlL8Lf8
— Virginie Vilar (@VirginieVilar) December 5, 2023
L’agression sexuelle de Valérie Benaïm
Le 27 septembre 2023, la chroniqueuse de TPMP Valérie Benaïm a été agressée sexuellement par son collègue Alex Goude. Au cours d’une danse en binôme pendant l’émission PAF avec Baba, Alex Goude l’a embrassée de force et a posé sa main sur ses fesses sans son consentement. L’Arcom a prononcé une mise en garde contre C8.
Valérie Benaïm : « Merci de votre soutien. Le geste d’Alex était déplacé. On s’en est expliqué. Dont act. Merci Cyril Hanouna, mon ami, d’avoir réagit immédiatement. L’affaire est close. »
Déconnant qd même ce genre de dérapage…
– – –
[Alex Goude \ud83e\udd26?\u2640\ufe0f #TPMP]pic.twitter.com/IRcdD3ERaY— ?Trends (@XTrendsViral) September 28, 2023
L’interview choc de Loana
Le 5 février 2024, la star de téléréalité Loana était invitée sur le plateau de TPMP pour témoigner d’un viol dont elle aurait été victime. L’Arcom a souligné les questions « intrusives » posées par Cyril Hanouna et ses chroniqueurs alors que Loana, « en situation de vulnérabilité », de « désarroi et de (…) détresse manifestes », « ne parvenait plus à s’exprimer qu’avec de grandes difficultés ». Arguant que la séquence était susceptible de nuire à la dignité de l’invitée, l’Autorité de régulation a mis en demeure C8.
Les clins d’oeil politiques
Le 13 juin 2024, l’eurodéputée Sarah Knafo, invitée sur le plateau de TPMP, a laissé en direct un message vocal sur le plateau de Jordan Bardella pour négocier avec lui une alliance en vue des élections législatives.
L’Arcom a mis en garde C8 contre le manquement au « principe de pluralisme » et rappelé les « exigences d’honnêteté et de mesure inhérentes au traitement de l’actualité électorale ».
En neuf ans, le contenu très à droite de TPMP aurait largement contribué à son succès. L’émission et le propriétaire de C8, le milliardaire Vincent Bolloré, sont régulièrement accusés de promouvoir les idées de l’extrême droite. Entre septembre et décembre 2021, à quelques mois des présidentielles, selon L’Humanité, le programme a consacré 52,9 % de son temps d’antenne politique à cette mouvance, profitant notamment à Eric Zemmour.
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
Consultez également la source de cet article : Article source.
