
La riposte judiciaire s’organise dans l’affaire de l’agression de Mokhtar Allouache… Le criminaliste Roger-Marc Moreau, connu pour avoir été mandaté en 1994 par la défense d’Omar Raddad, a notamment proposé ses services à ce conseiller municipal de Nogent-sur-Oise, victime d’une agression au couteau en 2019.
« Un dossier frelaté et amputé de pièces importantes », dénonce Jean-François Dardenne, le maire de la commune et premier soutien de son collègue élu.
Dans une période où les agressions contre les élus se multiplient, et où les agressions au couteau sont dénoncées un peu partout en France, on a une justice qui par deux fois nous a dit : circulez il n’y a rien à voir !
Ce vendredi 7 février 2025, était lancé à l’Hôtel de ville un comité de soutien au nom de ce conseiller municipal de la ville de Nogent-sur-Oise délégué « aux situations d’urgence sur l’espace public ». « Le travail de ce comité consistera à partir d’aujourd’hui à faire en sorte que justice te soit rendue », poursuit le maire.
« La lame est passée à un centimètre du cœur »
Mokhtar Allouache avait reçu un coup de couteau de la part d’inconnus en décembre 2019. À l’époque il refuse, par peur, de donner les noms de ses agresseurs. La lame avait pourtant manqué de lui perforer le cœur.
On a toutes les radios sur lesquelles on voit que la lame s’est introduite dans son corps. Elle est passé à un centimètre du cœur. A quelques millimètres près, il aurait pu mourir !
Dans ce dossier aux multiples zones d’ombre, la cour d’appel d’Amiens a confirmé le mois dernier le non-lieu prononcé en première instance.
L’idée de la création de ce comité, qui rassemble famille et proches de la victime, est donc de faire jaillir la vérité. « Je me sens enfin pris au sérieux », a d’ailleurs réagi le principal intéressé ce vendredi.
Des « zones d’ombre », une avocate médiatique reprend le dossier
Familière des plateaux télé, Maître Najwa El Haité a repris à son compte ce dossier en 2024. Elle dit être tombée des nues de par les nombreux manques qu’il comporte.
« Ses 12 jours d’ITT n’apparaissent à aucun moment. Plusieurs éléments m’interpellent et me font me dire qu’il y a bien un déni de justice ». Celle-ci avait d’ailleurs argumenté en ce sens devant la cour d’appel d’Amiens, le 17 décembre dernier. En vain.
C’est pourquoi elle annonce ce vendredi 7 février que son client va se pourvoir en cassation afin d’obtenir un nouvel examen de son procès.
En lien avec le chantier de démolition des tours Calmette
Mais alors, qui en voulait ainsi à l’élu municipal ? Là est toute la question. Les coupables seraient toujours en liberté, assure Mokhtar Allouache, qui raconte que sa femme a elle aussi été victime d’une terrible agression commanditée par les mêmes personnes.
« Elle s’est prise des coups de pied dans le ventre alors qu’elle était enceinte. Des hommes cagoulés s’en sont pris à elle et lui ont mis la tête au carré quelques », révèle-t-il.
Pour Jean-François Dardenne, l’agression de son collègue a « tout à voir avec son statut d’élu », d’où ce comité de soutien. L’affaire, sur fond de marchés publics juteux, remonterait en réalité au moins à 2017 selon lui.
Cette année-là, j’ai reçu un coup de fil assez étrange d’une personne qui voulait qu’une de ses connaissances récupère le marché de gardiennage et de sécurité des tours Calmette de l’OPAC de l’Oise.
Le maire demande à être entendu par la justice
Les tours Calmette, Mokhtar Allouache les connaît bien justement, puisque c’est ici qu’il a grandi. C’est donc assez naturellement que Jean-François Dardenne le nomme comme référent sur ce dossier de la destruction de ces trois tours emblématiques de la ville.
« Or deux ans plus tard, j’apprends que les noms des agresseurs supposés sont les mêmes que celui du monsieur qui m’avait appelé deux ans plus tôt », révèle Jean-François Dardenne, qui explique « se tenir à la disposition de la justice » pour livrer son témoignage.
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Les antécédents judiciaires de M. Allouache ont-ils contribué à le rendre inaudible durant ces quatre années de bataille judiciaire ?
L’élu a notamment été condamné, en 2023, pour avoir envoyé 104 SMS à un homme avec qui il était en contentieux. S’il n’est pas un enfant de chœur, le criminaliste Roger-Marc Moreau estime que ce n’est pas une raison pour décrédibiliser sa parole. « Il a peut-être des antécédents judiciaires, une famille un peu sous-cotée dans le département de l’Oise, je n’en sais rien, mais la justice se doit d’entendre ce qu’il a à dire. Et s’il faut aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme pour cela, on le fera », conclut-il.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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