Bayonne : il menace une adjointe au maire pour obtenir un logement social

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Christine Lauqué n’a pas fait le déplacement au tribunal de Bayonne, ce jeudi 5 décembre. « En vingt ans de carrière, je n’ai jamais eu aussi peur », a expliqué la troisième adjointe au maire aux enquêteurs. Trop craintive. Les juges ont condamné un homme de 27 ans à six mois de prison, aménagés avec un bracelet électronique, pour l’avoir menacée à plusieurs reprises. Une tentative d’intimidation dans l’espoir d’obtenir un HLM. « Le logement est une des missions les plus difficiles, rappelle Me Faridha Hadidi. Ma cliente reçoit entre 30 et 40 personnes par semaine sur cette seule question. »

Le prévenu se présente dans les bureaux de la présidente de la commission d’attribution des logements, le 21 novembre. Sans rendez-vous. Le jeune homme montre le ventre arrondi de sa femme. « Je suis venu pour expliquer que ma compagne est enceinte, qu’elle n’a que 18 ans et que nous avons un emploi stable. En aucun cas, je n’ai voulu faire du mal à Mme Lauqué. J’ai eu un ton menaçant, je l’assume, mais en aucun cas mes paroles ne l’ont été. »

Les hurlements du prévenu, poli et soigné à la barre du tribunal, couvraient les propositions d’accompagnement de Christine Lauqué.

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Corde sensible

L’élue et sa secrétaire rapportent des menaces de mettre le feu à sa voiture, de la retrouver pour la faire payer. « Elle dit notamment que vous insistez sur la famille, que c’est important pour vous et que ça devrait l’être pour elle », relève Mélanie Mistral, la présidente de l’audience. « C’était plutôt pour jouer sur le côté émotionnel et obtenir un logement en urgence. » Le jeune homme envisageait de revenir tous les jours. « Ou tous les mois, corrige-t-il. Pour forcer mon dossier. »

L’élue dépose plainte le lendemain. Elle pousse le cas au menu de la commission d’attribution du 3 décembre. La veille, le prévenu revient à la charge. « Si vous ne tenez pas vos promesses, je tiendrai les miennes. »

L’avertissement, donné au téléphone, est enrobé de calme. Christine Lauqué rappelle qu’elle n’est pas la seule décisionnaire. Une seconde plainte précipite l’interpellation du prévenu.

Me Faridha Hadidi précise que sa cliente ne demande pas d’autre indemnisation qu’un euro symbolique. Mais qu’elle ne veut pas laisser passer. « Hier, une magistrate. Quelques semaines plus tôt, un personnel hospitalier ou un policier. Aujourd’hui, une élue. Aucun de ces titulaires d’une mission de service public n’y échappe. »

Géométrie variable

Pour appuyer ses menaces, le prévenu s’est vanté de ses séjours en prison. Plus jeune, il trempait dans le deal de stupéfiants. « J’ai joué au foot à très haut niveau, j’étais jeune et influençable. Aujourd’hui, je travaille, je ne consomme plus de drogue depuis six ans, je veux juste avancer avec ma femme. »

Il reste néanmoins sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une instruction, en cours, pour trafic. « Son comportement, inadmissible, n’est pas ce que l’on attend de lui, alors qu’il devrait plutôt montrer patte blanche », dénonce Caroline Parizel. La vice-procureure requiert quatre mois de prison avec sursis et un travail d’intérêt général.

« La notion de menaces est à géométrie variable, selon la perception des uns et des autres, plaide Me Johanne Faguier. Mon client ne dit pas que Mme Lauqué ment. Mais il n’a jamais eu l’intention de la menacer. Même s’il reconnaît parfaitement que cela a pu intimider ou faire pression, pour lui, il s’agissait seulement d’ajouter du crédit à son dossier. » L’avocate de la défense relève l’immaturité du jeune homme, mis sous pression « par le fait de devoir assumer une famille ».

En plus de la peine de prison, il a interdiction de se rendre à la mairie ou d’avoir un contact avec Christine Lauqué. « D’autres personnes sont dans des situations identiques à la vôtre, voire pires, et n’agissent pas comme ça », tance la présidente.

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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