Un élu de Toulouse a-t-il été « tabassé » lors d’une réunion à la CGT ? Ce que dit le parquet

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Plus de 24 heures après le post du maire de Toulouse sur X (ex-Twitter), dénonçant l’agression d’un élu de la Ville rose, de nouveaux éléments viennent éclaircir l’affaire.

Vendredi 22 novembre 2024, Jean-Luc Moudenc s’est dit « profondément choqué » après que Samir Hajije, conseiller municipal, s’est « fait violemment tabasser » à l’occasion d’une conférence organisée le soir même dans les locaux de la CGT 31. C’est, en tout cas, la version des faits donnée par le locataire du Capitole qui s’était entretenu avec l’élu par téléphone samedi matin.

Ce dimanche 24 novembre, le parquet indique que la plainte déposée hier par Samir Hajije a été classée sans suite. La CGT qui, jusqu’alors, n’avait pas répondu aux sollicitations d’Actu Toulouse, s’est finalement exprimée.

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La version des faits rapportée par le maire

Vendredi soir, un meeting portant sur la libération du Sahara occidental était organisé à la Bourse du Travail, les locaux occupés par la CGT 31, sur la place Saint-Sernin à Toulouse. Depuis 1975, le statut de ce territoire, ancienne colonie espagnole, fait débat et oppose le royaume chérifien au Front Polisario, un mouvement indépendantiste soutenu par l’Algérie.

Interpellé par la thématique de la réunion, « Samir Hajije, qui est franco-marocain » – expliquait le maire de Toulouse – a assisté à la réunion. Jean-Luc Moudenc avait ensuite détaillé, ce samedi : « il est rentré, mais il n’a pas voulu intervenir. Au moment où il a voulu sortir, il a été rattrapé par une personne portant un brassard ‘CGT sécurité’ pour l’en empêcher ».

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« Des coups de poing, des coups de pied », a dit le maire

Toujours selon le maire, le conseiller municipal aurait été pris à partie et reçu des coups de pied et des coups de poing. « Ils ont essayé de l’étrangler », avait ajouté Jean-Luc Moudenc. 

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnalités politiques locales, appartenant à la majorité comme à l’opposition, avaient réagi au message du locataire du Capitole, en condamnant ces violences et en adressant leur soutien à Samir Hajije, à l’instar de Vincent Gibert, conseiller municipal (PS) :

Ce que les vidéos de la scène ont montré

Une version qui se retrouve, ce dimanche, contestée après l’exploitation de vidéos des témoins de la scène, présentées au commissariat de Toulouse samedi.

« Elles ont montré qu’il n’y avait pas eu de coups portés sur cet élu. Il a été simplement repoussé à l’extérieur de la salle de conférence. Il y a eu une chute de l’agent de sécurité et de l’élu », détaille le parquet, contacté par Actu Toulouse.

Avant d’ajouter : « la procédure a été classée sans suite ».

La CGT s’exprime

Les témoins et les mis en cause ont été entendus. Parmi eux, Cédric Caubère, qui ne cache pas son soulagement ce dimanche, après les conclusions du parquet.

Pour Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT en Haute-Garonne, les interdictions multiples des rassemblements pro-palestine sont
Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT en Haute-Garonne. (©Mélina Le Corre / Actu Toulouse)

Contacté par Actu Toulouse, le secrétaire général de la CGT 31 explique être arrivé à la fin de la conférence qui s’est tenue vendredi soir, « quand la police était là ».

On ne comprend pas dans quel but cette affaire a été créée de toutes pièces.

Cédric Caubère Secrétaire général de la CGT 31

« Aucun coups, aucun étranglement », dit Cédric Caubère

Il poursuit : « on a laissé rentrer M. Hajije, accompagné d’autres personnes. On savait qu’ils s’inscrivaient dans l’opposition de la position dominante du débat, preuve qu’il s’agissait d’un vrai débat public », précise le secrétaire. Une réponse aux propos de Jean-Luc Moudenc qui estimait hier que « la CGT n’accepte pas la contradiction [sur les sujets abordés dans ses meetings, NDLR] ».

Cédric Caubère explique ensuite que l’élu et les autres personnes avec lui sont sortis de la salle. « À ce moment-là, vu les comportements qu’il y avait – ça passait des coups de téléphone, comme si on appelait du renfort – on a demandé qu’ils ne puissent plus rentrer à nouveau. Au moment où l’on fermait la porte, ils s’y sont opposés. Ils ont poussé les camarades qui étaient là pour s’interposer. M. Hajije a fini par passer. Il y a eu une bousculade. Il a été attrapé, reconduit à la porte. Mais il n’y a eu aucun coups portés, aucun étranglement. C’est ce que l’on peut voir sur les vidéos. » 

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Des réunions organisées « dans un cadre légal »

Rappelant une autre altercation survenue en mai 2023 à la Bourse du travail, en présence de l’adjointe au maire Nicole Yardeni, Jean-Luc Moudenc expliquait avoir interrogé la CGT « sur toutes les activités qui sont développées dans ce lieu municipal ». Des demandes par courrier formulées depuis deux ans et restées sans réponse, selon le maire.

« Ce sont des courriers qui demandent que la mairie ait un droit de regard sur les réunions que l’on tient à la Bourse [du travail, NDLR]. La CGT y est depuis 1895. Nous y tenons des réunions dans un cadre légal », répond Cédric Caubère.

Alors que Jean-Luc Moudenc avait relevé « une dérive » dans les activités de la CGT, le secrétaire l’affirme : « nous faisons du syndicalisme, en entreprise et en dehors aussi ». Et d’ajouter : « en moyenne, il y a une réunion publique par semaine à la Bourse du travail. Il n’y a pas de problème de sécurité, personne ne se fait molester… On n’entend jamais parler d’aucun problème, sauf quand il y a dans l’histoire un élu municipal. On en déduit ce que l’on veut ».

Une discussion « pour tout mettre à plat »

Loin de vouloir rejeter les discussions avec le maire de la Ville rose, Cédric Caubère annonce que, dès ce lundi 25 novembre, il va proposer à Jean-Luc Moudenc de venir à la rencontre de la CGT à la Bourse du travail « pour que l’on mette tout cela à plat ».

« On ne veut pas porter atteinte à la démocratie, au débat, à la pluralité. Il faut lever toutes les incompréhensions », conclut le secrétaire général.

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

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