Sans filtre, la chronique de Mémona Hintermann, grand reporter, ancienne membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Aujourd’hui, l’élection présidentielle américaine et la possibilité de voir Donald Trump revenir à la Maison Blanche.
Si Donald Trump est élu le 5 novembre, qui pourra dire « on ne savait pas » ? L’idée de la démocratie prendra un sacré coup, mais les Américains n’en seront pas surpris et nous non plus. Voilà un reproche qu’il serait mal venu d’adresser au multimilliardaire, ami de Poutine. Avec lui, c’est cash, tous les jours et depuis longtemps. Cette fois, le premier ex-président américain à avoir été condamné au pénal se surpasse.

D’ordinaire, les campagnes électorales sont faites pour avancer masqué – élections pièges à c*n, disait-on autrefois en France. À visage découvert, donc, le candidat au pouvoir le plus puissant de la planète, dit tout haut sa façon de penser. Le mode d’emploi de sa feuille de route, s’il revient à la Maison blanche, est connu. Attention, ce n’est pas un homme qui plaisante. Ce qu’on prend pour de grosses blagues de beauf est plus dangereux que la crasse d’un vocabulaire écœurant. Il est surprenant que nos propres dirigeants ne dénoncent pas le danger qui accourt à notre rencontre. Par peur ?
Bien sûr, il y a peu de chance que les électeurs de Trump se laissent intimider par la vieille Europe. Mais dénoncer, au moins pour prendre date, s’engager à ne pas le laisser faire si jamais il s’installait à nouveau dans le bureau ovale, serait bon signe. Or, ce n’est pas seulement, une éventualité, plutôt une forte probabilité que Trump succède à Biden, tant la course s’annonce incertaine.
Pour avoir circulé, interrogé d’un bord à l’autre de cet immense pays, en tant que reporter et cela pendant des années notamment au gré des campagnes électorales, de Reagan à Obama, il me paraît clair que l’électorat de Trump incarne une permanence. Un socle d’idées – les idées simples de cet homme violent.
La violence est un marqueur de l’état d’esprit profond d’Est en Ouest des États-Unis. Comme le racisme enkysté. Faux ? La ségrégation raciale a commencé à refluer bien après l’assassinat de Martin Luther King en 1968. Une drôle de tête cette Amérique-là ! Voilà un pays qui a bâti son histoire, sa fortune, sa réputation de combattant de la liberté – bon, à condition de ne pas regarder de trop près – voilà l’Eldorado de l’immigration de tous les misérables du monde qui insulte, par la voix de Trump et de ses fans, matin, midi et soir, l’Autre, cet étranger qui vient « empoisonner le sang du pays ».
Une bien drôle de figure cette Amérique-là, franchement ! On ne parle pas de Hollywood et des universités parmi les plus prestigieuses au monde. Non, mais si Tocqueville revenait, on peut parier qu’il serait surpris devant les lambeaux « de la démocratie en Amérique ». Car si Trump attire des millions de voix sur son nom, ses élucubrations, ses insultes comme mode de communication, le problème n’est pas seulement lui. L’outrance, l’inquiétant, c’est son électorat qui pense comme lui. Le recours à la violence redevient la norme, une norme acceptée.
Les États-Unis seraient-ils un pays de fascistes ? « Il est fasciste » a répondu Kamala Harris, la concurrente qui se fait traiter de tous les noms. Folle est le qualificatif plus doux du lexique trumpiste. On pourrait rétorquer que l’ancienne procureure discrédite exagérément son adversaire. Elle n’est pas seule pourtant à sonner le tocsin sur ce danger du fascisme qui rampe vers Washington. Des républicains le disent, eux aussi. Telle Liz Cheney, la fille de l’ancien Secrétaire à la Défense de G.W. Bush. Ou l’ancien chef de cabinet de Trump à la Maison blanche, le général John Kelly.
Nous ne discernons pas ce danger dans sa véritable dimension parce que nos yeux sont déjà occupés par les guerres à Gaza, au Liban, en Ukraine, sans compter les cataclysmes climatiques et notre quotidien. Mais Trump Président impactera nos vies plus que nous ne l’imaginons. Le 5 novembre pourrait être une date véritablement historique. Comme le… 5 mars 1933 en Allemagne. Trump n’a-t-il pas dit – sans se cacher –, qu’il admirait Hitler ? On ne sait !
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