À l’ordre du jour du prochain conseil municipal de Langon, ce vendredi 27 septembre : l’octroi de la protection fonctionnelle au maire Jérôme Guillem. Cette procédure permet aux élus d’être mieux accompagnés s’ils sont victimes de violences, de menaces ou d’outrages dans l’exercice de leurs fonctions. L’édile a demandé à être protégé par cet outil juridique le 16 août dernier. Demande validée quelques jours plus tard par le préfet. La protection fonctionnelle couvre notamment les honoraires d’avocat et l’éventuelle assistance psychologique. Cette assistance est étendue aux conjoints, aux enfants et aux autres élus municipaux.
Cette demande de bouclier juridique ne tombe pas du ciel. Jérôme Guillem a déposé plusieurs plaintes contre un administré « suite à des messages déplacés et répétés, d’intimidations et de violences dans le cadre de ses fonctions » peut-on lire dans le dossier de synthèse du prochain conseil municipal. Cet administré n’est autre que Serge Brault, le gérant de l’ex-guinguette éphémère installée en bord de Garonne en 2022 et 2023, durant les Estivales. La tension est montrée crescendo entre le responsable de la guinguette Baracajou et la mairie de Langon.

Archives A.D.
Plusieurs plaintes
Contacté par « Sud Ouest », l’ancien gérant Serge Brault dit avoir saisi le tribunal de commerce en 2023 « pour non-respect de convention ». Le Langonnais a également porté plainte en février 2024 contre le maire pour « injure publique en raison de l’origine ». Les deux procédures ont été classées sans suite. Conséquence de ces tensions à répétition : la convention d’occupation des quais n’a pas été renouvelée en 2024.
Depuis janvier, deux plaintes ont été déposées par le maire Jérôme Guillem à l’encontre de Serge Brault « pour des messages déplacés et répétés, des intimidations et des violences ». Des messages ont été laissés sur la page Facebook de la mairie et sur le portable personnel du maire. La dernière plainte, que « Sud Ouest » s’est procurée, remonte au 18 juillet 2024, le lendemain du lancement de la saison estivale au parc des Vergers. Dans sa déposition, le maire dit « avoir été bousculé par-derrière au niveau de son épaule gauche » par Serge Brault. Le choc n’a pas provoqué de blessure.
« À portée de baffe »
L’auteur des faits a été placé en garde à vue suite à la plainte. Il assure qu’il regardait son téléphone et qu’il a heurté le dos du maire involontairement. L’affaire sera jugée au tribunal correctionnel en janvier. Serge Brault, candidat autoproclamé aux prochaines élections municipales (2026), devra également se défendre d’avoir mimé un tir de pistolet avec ses mains sur la directrice des affaires culturelles de la mairie, quelques jours avant l’incident survenu au parc des Vergers.
Ces tensions répétées ont poussé le maire de Langon à demander la protection fonctionnelle des élus au cœur de l’été. Contacté par « Sud Ouest », ce dernier ne souhaite pas évoquer l’affaire qui sera jugée au tribunal en janvier. Mais il a tenu à dénoncer, par écrit, « la banalisation croissante des pressions, menaces et autres formes d’agressions dont les maires sont victimes dans l’exercice de leurs fonctions » : « Nous savons que l’exercice des responsabilités expose à des oppositions. Nous savons que notre mobilisation pour la chose publique impacte forcément nos familles. Il est hors de question de leur imposer l’épreuve de l’insécurité et, pire encore, l’irrespect. Nous ne pouvons tolérer que la violence, qu’elle soit verbale ou physique, devienne une composante normale de l’exercice de nos mandats. Force est de constater que nous étions à portée d’engueulade, et que nous passons désormais à portée de baffe ! »
Depuis le début du mandat, l’édile a déposé plusieurs plaintes pour des faits similaires qui n’avaient jamais été médiatisés.
D’autres élus sud-girondins concernés
Pour rappel, Jérôme Guillem avait soutenu Cédric Gerbeau suite à la grave agression du maire de Saint-Macaire en décembre 2021. D’autres faits impliquant des agressions d’élus du Sud-Gironde ont été enregistrés ces derniers mois à Rions, La Réole ou Saint-Pierre-d’Aurillac. Les permanences des parlementaires Florence Lassarade et Pascal Lavergne ont également été visées durant les débats sur la réforme des retraites. Dans le message transmis à « Sud Ouest », le maire de Langon se veut offensif : « Trop d’élus sont confrontés à des attaques inadmissibles. C’est pourquoi il est crucial de lutter contre cette banalisation et cette escalade des pressions, menaces et agressions. Pour ma part, j’ai sollicité la protection fonctionnelle afin de faire face à ces situations. »
…
Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
Source: Source
