
Dans le cadre de la protection des élus, la préfecture de la Vienne a été dotée de cinq bracelets de protection. Conçus comme une « montre », ils permettent d’alerter les forces de l’ordre en cas de risque pour la sécurité.
La technologie s’invite partout. Elle était déjà au service de la protection des femmes victimes de violences (1). Depuis le début de l’été, les élus profitent aussi d’un bracelet d’alerte sous la forme d’une montre connectée.
Jean-Marie Girier, préfet de la Vienne, a présenté ce dispositif mardi 3 septembre 2024, quelques semaines après sa mise en place (juste avant les élections législatives) dans le cadre du plan national de prévention et de lutte contre les violences aux élus.
La montre enregistre, géolocalise et prévient les forces de l’ordre
Le principe est simple : l’élu local (maire, parlementaire…) télécharge l’application WaryMe. En cas de danger, il appuie trois fois sur le cadran, ce qui déclenche un enregistrement sonore, sa géolocalisation et une alerte aux forces de l’ordre.
« L’opérateur entendra ce qu’il se passe et l’enregistrement peut servir de preuve judiciaire, indique le préfet de la Vienne. Nous avons déjà distribué trois des cinq bracelets à des maires et des parlementaires mais on ne vous dira pas qui ! Il y a une prise en compte renforcée de l’État sur les violences contre les élus. »
Plus de parlementaires que de maires victimes dans la Vienne
Pour comprendre ce phénomène grandissant, les autorités ont d’abord été contraintes de se doter d’un outil statistique, ce qui n’existait pas avant : dans la Vienne, en 2023, 28 procédures d’atteintes aux élus ont été enregistrées (contre 17 en 2021).
« Il s’agit d’une hausse de 64 % en deux ans, c’est la traduction directe de cette question sur notre territoire », s’inquiète Jean-Marie Girier. Ces 28 procédures ont concerné davantage les parlementaires (60 %) que les maires (40 %).
Les réseaux sociaux, premiers vecteurs
En 2022, 2.265 faits d’atteintes aux élus ont été relevés en France, soit une hausse de 32 % par rapport à 2021. Dans 63 % des cas, ce sont des menaces, injures ou outrages alors que l’élu tentait de faire cesser un trouble ou qu’il était lui-même en litige avec un administré.
Pas moins de 23 % des faits ont été constatés sur les réseaux sociaux. « C’est l’un des enseignements : les menaces et injures se multiplient contre les élus sur les réseaux sociaux, précise le préfet de la Vienne. Il y a ensuite une temporalité liée à l’actualité sociale. L’un des enjeux de ces mesures est de permettre aux élus de signaler dès les premiers mots, de ne pas les accepter. »
Formés à la désescalade par le GIGN
Plusieurs mesures avaient déjà été prises avant l’apparition de la montre d’urgence : chaque maire de la Vienne dispose d’un référent police (6) ou gendarmerie (182). Pas moins de 191 élus ont déjà été formés pour apaiser les tensions et permettre une désescalade en cas de conflit, grâce à une mallette pédagogique fournie par la cellule négociation du GIGN.
Il s’agissait essentiellement d’élus ruraux. « Là où le maire est surexposé, réceptacle de tous les maux du village, contrairement au milieu urbain », reconnaît le représentant de l’État.
(1) Dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, le monde judiciaire utilise notamment le téléphone grave danger (TGD) et le bracelet antirapprochement (BAR).
Cinq « montres » par département
Chaque département de France a reçu une dotation de cinq « montres » dans le cadre d’un marché national lancé par le ministère de l’Intérieur. Le déploiement de ces boutons d’appel d’urgence rejoint une série de douze mesures en faveur de la protection des élus : renforcement de la protection fonctionnelle ; appui psychologique ; prise en charge des frais de procédure et d’assurance ; sécurisation ponctuelle des locaux ; renforcement de la vidéosurveillance ; renforcement des sanctions contre les agresseurs ; accélération des délais judiciaires ; information des élus sur le traitement judiciaire ; protocole entre l’association des maires de France et le parquet ; formations croisées…
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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