
Les policiers municipaux bordelais demandent à la mairie écologiste des armes létales mais, malgré la mort violente d’un agent municipal à Grenoble, Pierre Hurmic ne veut pas prendre une décision «sous la pression du fait divers».
Le Figaro Bordeaux
Sa décision se fait attendre. Pierre Hurmic, maire écologiste de Bordeaux depuis 2020, devrait annoncer dans les semaines à venir s’il décide ou non d’équiper la police municipale d’armes létales. En mai, des agents de la ville avaient déposé une alarme sociale avec douze revendications. La majorité a répondu à onze d’entre elles, la douzième concernant l’armement. «Il y aura une décision réfléchie et concertée assez rapidement», élude pour l’instant l’élu écologiste bordelais, interrogé ce jeudi lors d’une conférence de presse.
Actuellement, les agents municipaux sont équipés d’un gilet pare-balles, d’une matraque, d’un pistolet à impulsion électrique et d’une gazeuse. La position des écologistes reste cependant que les polices municipale et nationale n’ont pas les mêmes vocations. Il est du ressort de la police nationale d’assurer la sécurité publique, alors que les policiers municipaux assurent la tranquillité publique. Équiper les agents municipaux d’armes létales reviendrait à acter le «désengagement de l’État» en la matière, avec des «équipes de terrain de police nationale en sous-effectif», juge la mairie.
Une décision «peut-être» prise en septembre
Depuis quelques mois, la majorité écologiste se dit toutefois plus «sensible» à cette revendication de l’armement de la police municipale, déplorant que ses agents «soient en effet malheureusement trop souvent en première ligne lors de rixes ou d’agressions violentes sur l’espace public». À moins de deux ans des prochaines élections municipales, les principaux adversaires de Pierre Hurmic se sont d’ailleurs déjà emparés du sujet. L’ancien maire LR, Nicolas Florian, en a notamment fait un argument de précampagne, tout comme l’élu d’opposition du MoDem Fabien Robert, lui aussi candidat.
L’actualité s’invite à son tour dans le débat. Le 8 septembre, un agent municipal a été froidement abattu à Grenoble en voulant empêcher la fuite d’un chauffard. Un drame qui a projeté le maire écologiste, Éric Piolle, sous le feu des critiques. Pour autant, l’édile grenoblois refuse d’armer les policiers municipaux, estimant qu’il n’est «pas prêt à prendre pour eux» cette décision, qui reviendrait selon lui à «les exposer à des missions qui ne sont pas les leurs et à des risques». Quelques jours après ce drame, Pierre Hurmic ne souhaite pas non plus pas réagir à chaud. «On fonctionne mal sous la pression du fait divers», estime l’élu bordelais. «Je n’ai pas l’habitude de répondre sous la pression des évènements, des faits divers ou de l’opposition.» Très attendue, sa décision devrait donc «peut-être» tomber en septembre.
Un maire écologiste plus pragmatique
Comme les autres métropoles dont la population augmente, Bordeaux n’échappe pas à la hausse de l’insécurité, cependant moins marquée que dans d’autres agglomérations. Pour y répondre, Pierre Hurmic a déjà augmenté le nombre de policiers municipaux, installé de nouvelles caméras de vidéosurveillance, déployé une brigade anti-incivilités et renforcé les actions de médiation. Après s’être longuement fait attendre, la signature d’un contrat de sécurité intégré (CSI) entre la préfecture, le parquet et la ville a permis l’obtention de 40 postes de policiers nationaux supplémentaires et l’étude pour l’implantation d’un nouveau commissariat de proximité.
Représentant plutôt l’aile droite de son parti, l’écologiste bordelais s’est déjà fait remarquer pour son pragmatisme sur certains sujets, comme l’accueil du tour de France à Bordeaux après treize ans d’absence, un évènement pourtant considéré par Grégory Doucet, le maire écologiste de Lyon, comme «machiste et polluant». Pierre Hurmic a également refusé d’installer des bâches sur la voie publique pour des prières de rue musulmanes et rapidement acté le développement de la vidéosurveillance. Depuis son élection, le maire de Bordeaux demande par ailleurs l’affectation d’une compagnie de CRS à demeure, afin d’assurer la sécurisation de la métropole.
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