« Agressions et menaces de mort, c’est mon quotidien »… acteurs locaux et policiers font bloc contre la délinquance dans le Bassin

l’essentiel Ce jeudi 12 septembre 2024 s’est tenu la réunion de rentrée du Groupe de partenariat opérationnel (GPO), assuré par Fabrice Mrozinski, commandant des forces de l’ordre à Decazeville, et Éric Pinquié, major de police. Autour de la table, élus, proviseurs d’établissement scolaire et chefs d’entreprise ont fait état d’une recrudescence des incivilités dans le Bassin.

« Nous sommes confrontés à des comportements violents. » En ce jour de réunion de rentrée du GPO, – groupe de partenariat opérationnel piloté par Fabrice Mrozinski, commandant divisionnaire des forces de l’ordre à Decazeville, et Éric Pinquié, major de police —, ils sont unanimes. Élus à la mairie, représentants de Decazeville communauté, chefs d’entreprise et proviseurs d’établissement scolaire soulèvent un problème d’incivilités, a priori en hausse, dans le Bassin.

« Le ton change. Il n’y a plus de dialogue, les gens sont beaucoup plus agressifs, il y a un vrai manque de respect, notamment envers les élus », souligne Bernard Canac, maire de Cransac. Avant de rajouter que « rien que dans ma commune, sur trois bars, deux nous causent des difficultés. »

Si ce n’est pas l’unique incident qu’il met sur la table, François Malgouyres lui, proviseur du lycée d’Aubin, explique avoir à faire face « à des jeunes de plus en plus mal élevés, mais parce que les familles sont, elles aussi, mal éduquées. »

« Il y a eu des agressions sur nos agents »

Du côté de la direction générale des services de Decazeville communauté, des complications avec les gens du voyage ont été rapportées. « À force, on arrive quand même à établir une discussion. Nous avons eu moins d’accrochages que l’année dernière. » Mais ce n’est qu’une question de temps, « puisqu’avec la zone des tuileries vendue, la cohabitation va être difficile. »

Et relève qu’ils ont à faire « à une génération plus véhémente » que les précédentes. « Il y a eu des agressions sur nos agents. Qui, par crainte, ne veulent même plus essayer de rentrer dans une médiation avec eux. » Sur cette question, Fabrice Mrozinski se montre ferme. « S’il y a outrage, il faut nous appeler directement. Je suis pour la tolérance zéro à ce sujet. »

À l’issue de ces instances, qui se veulent pérennes, des solutions seront envisagées pour les problèmes exposés.
À l’issue de ces instances, qui se veulent pérennes, des solutions seront envisagées pour les problèmes exposés. DDM – N.O.

Pierre Sauterel, directeur local de Landès Bus, rappelle l’agression de l’un de ses chauffeurs à bord du TUB. « Ça a duré trente minutes. » Même s’il n’y a pas eu d’atteinte physique, « il est quand même resté en arrêt maladie pendant un bout de temps. » Éric Pinquié, qui prend ces propos au sérieux, précise malgré tout que « même si ça ne doit pas arriver, nous ne faisons pas face au même degré d’agressivité qu’il peut y avoir dans les grandes villes. »

Maintenir la sécurité ensemble

Face au constat, le premier adjoint au maire de Decazeville Alain Alonso se souvient qu’il suffit « de quelques personnalités, sur des territoires moins denses en termes de population, pour que ça dérape. » A son sens, une chose est sûre : « seul, on n’arrive pas à grand-chose. » Et c’est d’ailleurs tout l’objectif de ces instances.

« Apporter des solutions, ensemble, aux problèmes du quotidien avec une méthode de travail transversale renforcée », explique conjointement Fabrice Mrozinski et Éric Pinquié. « Parce que parfois, en tant que policier, on propose une réponse à un souci qui finalement n’apporte pas satisfaction », rajoute le commandant.

Dans le cadre de ce dispositif, un médiateur est affecté à Villefranche-de-Rouergue. Lancé à la suite de la création en 2018 de la PSQ, police de sécurité au quotidien, par le ministère de l’Intérieur, le GPO se veut servir de lien entre les gardiens de la paix et les acteurs locaux, pour maintenir l’équilibre sur un territoire.

Là encore, à l’unanimité, la police decazevilloise a été remerciée pour ses actions, et l’ensemble des représentants autour de la table ont mis en avant « la facilité avec laquelle se déroule cette collaboration. »

Des menaces de mort

« Je ne veux pas faire un titre de 90 minutes enquêtes, mais agressions et menaces de mort, c’est mon quotidien. » Michael Martin, responsable du McDonald’s à Decazeville, dénonce la situation dans laquelle il se trouve depuis des mois. « Les gens du voyage sont violents. Les jeunes du lycée de La Découverte viennent dans nos locaux régler des comptes et ça part en bagarre générale à 18 heures. J’ai dû embaucher un vigile, mais seulement deux jours par semaine, parce que je n’ai pas les moyens de faire plus. » Et demande, aux autres enseignes de la zone, de participer aux frais pour qu’un vigile puisse être présent 7/7. Decazeville communauté envisage de se saisir du dossier.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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