
C’est après une présentation du dispositif à l’Assemblée Nationale que Laurance Bussière, présidente des maires ruraux de l’Eure et maire de Daubeuf-la-Campagne (Eure), a souhaité se protéger et protéger ses agents municipaux de potentiels risques auxquels ils peuvent être confrontés sur le terrain. « On l’a mis en place en juin 2024 après plusieurs mois dans le tiroir pour notre femme de ménage, notre jardinier, notre secrétaire de mairie et moi », explique-t-elle.
« Dans un mandat de maire, ça peut arriver de se faire agresser »
« Dans un mandat de maire, ça peut arriver de se faire agresser verbalement voire même physiquement par les habitants, on le voit dans les journaux », développe la maire. Récemment c’est le maire du Bosc du Theil, Laurent Vallée, qui a été agressé par un habitant le 31 juillet 2024.
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Lors des ateliers de self-défense, l’une des premières choses à retenir c’est qu’il ne faut jamais se déplacer seul, mais avec le badge accroché sur le col du vêtement « on se sent plus en sécurité et on peut prévenir nos proches en cas d’incident », ajoute la secrétaire de mairie Sabrina Terryn. Quand le badge n’est pas sur le vêtement, il est dans le sac au cas où un problème surviendrait. « C’est un outil de sécurité et de prévention qu’il faut toujours avoir sur soi » insiste Laurance Bussière.
Le badge, qui peut aussi être sous la forme d’un collier, d’un bracelet ou d’un accessoire de mode, est toujours porté par les agents municipaux. Certains maires souhaitent même munir les professeurs de ce dispositif en cas d’un d’infraction ou d’incivilité pour en informer leurs collègues.
Application MonShérif
À l’origine, l’application servait dans le cadre de la lutte contre les violences intrafamiliales, notamment celles faites aux femmes. Désormais, les maires et les agents municipaux en bénéficient pour eux aussi assurer leur sécurité.
En un clic, les cinq personnes dont le numéro de téléphone est renseigné à l’avance dans la base de données reçoivent un SMS d’alerte avec la localisation d’où a été envoyé le signal. « Pour ma part, le message qui s’envoie est : ‘Je ne peux pas appeler mais j’ai un problème’ », raconte Sabrina Terryn. Lorsque deux clics sont faits, l’application envoie un SMS et un appel vocal avec la localisation aux cinq personnes. Puis lorsque le clic est long cela déclenche soit une alarme, soit un enregistrement audio, le choix est fait au préalable sur l’application MonShérif.
« Jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu à l’utiliser, mais c’est rassurant de l’avoir sur nous car les événements peuvent parfois prendre des proportions inappropriées, indique Laurance Bussière. Par exemple il y a un an, un arbre pas très gros était sur la route, j’ai voulu le déplacer et je suis tombée sur la tête, heureusement je me suis vite relevée. Avec le badge, si ça avait été plus grave, j’aurais pu appuyer et être aidée. » Le badge peut servir dans la vie professionnelle comme dans la vie privée.
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Formation pour les maires
La commune de Daubeuf-la-Campagne est la seule du plateau a avoir recours à ce dispositif. La présidente des maires ruraux de l’Eure a déjà parlé du projet à plusieurs maires du secteur qui semblent s’y intéresser de près, et qui en ont aussi parlé à leurs agents municipaux. Une formation va être proposée en octobre 2024 aux maires du Plateau du Neubourg, aux secrétaires de mairies et aux directeurs d’établissement scolaires qui souhaitent le mettre en place pour leurs employés.
Un badge coûte 90 euros et pour les adhérents aux maires ruraux il coûte moitié moins, 45 euros l’unité. L’application, quant à elle, est gratuite pour tous les utilisateurs Android et IOS.
Camille Gasly
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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
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