Près de Perpignan, ce maire doit porter un bip anti-agression : « Un jour ou l’autre, on aura un accident grave »

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« C’est malheureusement devenu le quotidien d’un maire aujourd’hui ». Marc Petit déplore une situation devenue intenable. Le maire de Claira, petite ville de 4 700 habitants près de Perpignan (Pyrénées-Orientales) a subi trois agressions, récemment. La dernière l’a convaincu de s’équiper d’un dispositif d’urgence, à son grand désarroi.

Agressé à trois reprises

« J’en suis à ma troisième agression », confie Marc Petit à Actu Perpignan. Le maire (sans étiquette) de Claira se serait bien évité un tel palmarès. Et pourtant, en l’espace de quelques mois, l’élu des Pyrénées-Orientales, également conseiller départemental, a vécu plusieurs situations tendues dans l’exercice de ses fonctions.

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D’abord invectivé par des gens du voyage, sur un terrain de la commune, Marc Petit, 61 ans, a ensuite été menacé verbalement par un dealer qui sévissait dans sa ville. Interpellé, ce dernier détenait un couteau, une hache et une arme de poing dans son scooter. « Et puis, la troisième fois a été beaucoup plus violente », poursuit-il. Il raconte :

Je rentrais chez moi en voiture lorsque j’ai évité un individu qui avait son véhicule en plein milieu de la chaussée. Il s’est ensuite mis à klaxonner, avant de m’insulter violemment et de s’en prendre aux voisins et à des personnes âgées. J’ai tout de suite décliné mon identité, je lui ai montré ma carte de maire, mon épouse était présente, mais ça n’a rien changé.

Marc Petit Maire de Claira

Un bouton pour prévenir les autorités

« Cet individu s’est ensuite approché pour m’agresser, mais je suis parvenu à le bloquer avec ma main. Je lui ai demandé de garer son véhicule et de partir, mais il m’était impossible de le raisonner », explique Marc Petit, menacé par une bombe lacrymogène anti-émeute. « Il l’a pointée vers ma tête. Heureusement qu’il n’a pas appuyé sur la gâchette, car d’aussi près, j’aurais pu perdre la vue », poursuit l’élu.

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Pour Marc Petit, il s’agit de l’agression de trop. Après avoir prévenu les gendarmes, lesquels ont appréhendé l’individu, il reçoit un coup de téléphone du directeur du cabinet du préfet des Pyrénées-Orientales. « Il m’a apporté son soutien, avant de m’encourager à porter plainte et de me proposer un système anti-agression. Je ne connaissais pas ce dispositif », avoue-t-il.

« C’est un bouton que l’on porte constamment sur soi. Il faut appuyer trois fois pour déclencher l’alerte. Ce système me géolocalise et prévient les autorités et des personnes de confiance. C’est bien fait, je trouve », décrit le maire.

Le disposition de protection des élus dont dispose le maire de Claira, Marc Petit.
Le dispositif de protection des élus dont dispose le maire de Claira, Marc Petit. (©DR)

« Il faut prendre le problème à la source »

Défavorablement connu de la justice, son agresseur a été interpellé puis mis en détention et placé sous contrôle judiciaire avec obligation de quitter le département. Mais Marc Petit reste perplexe. « Est-ce que je me sens davantage rassuré avec ce système de protection ? Oui et non », concède-t-il.

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« Je trouve dommage et pathétique que ce type de boutons d’alerte existe. Si on en est arrivé là, c’est parce qu’il y a une multiplication des agressions envers les élus », dresse-t-il. « Le bip, c’est bien. Mais il faut prendre le problème à la source. Ça fait 40 ans que l’on subit ce laxisme à ce niveau. Quand les gens sont des délinquants notaires, on doit faire quelque chose. Où va-t-on ? », se questionne le maire de Claira.

S’il remercie les forces de l’ordre et l’État pour leur réactivité, « il manque une strate où ce type d’individus doit être calmé de suite. Si on ne tape pas du poing sur la table de suite, un jour ou l’autre, on aura un accident grave… », conclut Marc Petit. Et ce dernier n’est visiblement pas seul dans ce combat. De nombreux maires des Pyrénées-Orientales lui ont adressé des messages de soutien, ces derniers jours.

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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