C’est un petit badge en plastique, discret, que l’on peut accrocher à une poche ou une bretelle par exemple. Il ne quitte plus l’épaule de Laurance Bussière, la maire de Daubeuf-la-Campagne : « On a une application téléphone qui va avec. Il faut sélectionner trois à cinq personnes, pour moi en l’occurrence mon adjoint, mon mari, ma secrétaire de mairie. En appuyant une fois ça leur envoie un SMS. Deux fois, ça leur envoie une alerte vocale, un SMS et un mail. » En appuyant trois fois, l’appareil déclenche même un enregistrement.
Des agressions qui se multiplient contre les élus
Alors que le petit appareil sommeillait dans ses tiroirs depuis quelques années, elle l’a ressorti après la gifle qu’a subie Gwendoline Presles, la maire de Bourneville-Sainte-Croix, dans l’Eure aussi, le 9 juin dernier. Selon une enquête du Cevipof en novembre dernier, 69% des maires déclarent avoir été victimes d’incivilités, et 39% ont subi des injures et insultes.
« Les gens sont de plus en plus agressifs, ils veulent tout, tout de suite, témoigne Laurance Bussière. Or, parfois, on ne peut pas toujours répondre à la demande comme ça. C’est un outil pour vraiment nous sécuriser. Je vois, quand je pars seule sur le terrain, on nous déconseille formellement de le faire, mais parfois, on n’a pas d’autre solution. Avec ça, je me sens plus rassurée, je sais qu’on pourra venir m’aider« .
Les agents de mairie eux aussi concernés
Sabrina Terryn, la secrétaire de mairie, est aussi équipée. Il y a quelques années, elle a dû faire face à un riverain particulièrement virulent : « Le temps de prendre le téléphone, d’appeler l’adjoint de l’époque, c’était long. On ne l’anticipe jamais, mais le jour où ça nous arrive, on est bien content d’avoir ce petit ‘bip’ sur soi, il est discret, personne ne le voit et ne peut prévoir qu’on est ainsi relié à d’autres personnes« .
Mais ce dispositif est surtout préventif et ne sert pas qu’en cas d’agression, explique Laurance Bussière : « Notre jardinier en a un aussi. Quand il s’en va tondre, s’il lui arrive quelque chose, un malaise, s’il se coupe, il appuie sur ce bouton et on peut prévenir les secours.«
Ce dispositif ne s’adresse pas qu’aux mairies, les particuliers peuvent aussi se le procurer, mais il coute quand même environ 90 euros (le prix du badge, l’application qui le fait fonctionner, elle, est gratuite). Après l’été, elle pense en équiper aussi ses institutrices et présentera MonSherif au prochain congrès des Maires ruraux de l’Eure, dont elle est la présidente.
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
Engagez-vous avec CDCL
Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.
Source de l’article : Source
