Cinq jeunes (enfin) condamnés pour l’agression du maire de Chirassimont en 2017 : « Le temps a joué pour eux, je pense »

, Cinq jeunes (enfin) condamnés pour l’agression du maire de Chirassimont en 2017 : « Le temps a joué pour eux, je pense »

Jean-Paul Jusselme, maire de Chirassimont, aura dû attendre sept longues années pour que la Justice rende une réponse pénale à l’agression dont il a été victime. Il se dit aujourd’hui satisfait.

En février dernier, Jean-Paul Jusselme s’était livré dans nos colonnes, alors qu’il se trouvait toujours dans l’attente d’une date relative au procès de son agression en mai 2017. « Je n’ai aucune indication sur la date. La Justice est quand même très lente… », s’était-il épanché.

Lundi 3 juin dernier, le tribunal judiciaire de Roanne a enfin examiné le dossier, qui dormait dans des cartons depuis sept ans maintenant. Lors d’une Comparution par Reconnaissance Préalable de Culpabilité (CRPC), les cinq agresseurs de celui qui est toujours maire de Chirassimont ont été présentés à un juge, reconnaissant les faits de violence du 1er mai 2017.

« Difficile de condamner des gens sept ans après, alors qu’ils sont peut-être passés à autre chose »

Après un mois de délibéré, tous les cinq ont été reconnus coupables des faits de violences, et condamnés à des peines allant de 14 mois d’emprisonnement dont six mois de sursis probatoire, pour la plus lourde, à huit mois d’emprisonnement avec sursis simple, pour la plus légère. Sept ans après les faits. Des condamnations lourdes, pour une audience de CRPC.

En février dernier, Jean-Paul Jusselme se questionnait encore : « Est-ce que plus de sept ans après, le procès va apporter quelque chose à ces jeunes dans leur comportement à venir ? Là, je ne sais pas ce qu’ils ont fait entre-temps, s’ils ont aggravé leur cas ou pas. Mais difficile de condamner des gens sept ans après, alors qu’ils sont peut-être passés à autre chose. » Au moment des faits, trois de ses agresseurs étaient âgés de 24 ans, les deux autres de 20 ans.

Ils n’ont pas communiqué avec moi, mais ils se sont excusés à la barre, sans donner d’explications à leur geste.

Jean-Paul Jusselme était bien évidemment présent à l’audience de CRPC du tribunal de Roanne, début juin. Tout comme les cinq prévenus. « Ils n’ont pas communiqué avec moi, mais ils se sont excusés à la barre, sans donner d’explications à leur geste. J’ai cru comprendre que l’un était déjà connu de la Justice. Mais ils n’ont pas fauté depuis, ils sont mariés, ils ont des enfants… », relate-t-il aujourd’hui.

« L’important pour moi, c’est que la Justice soit passée »

Pour le maire, il y avait un contexte de jeunesse, de foot, de copains et ce ne sont clairement plus les mêmes personnes maintenant. « Peut-être qu’ils ne se sont pas rendu compte de ce qu’ils faisaient. Ils n’avaient qu’une vingtaine d’années à l’époque, ils en ont une trentaine aujourd’hui », rajoute-t-il. Mais quand même. « Le temps a joué pour eux malgré tout, c’est ce que je pense », finit par lâcher l’élu.

Tolérance 0 pour les agresseurs d’élus, prévenait l’ex-procureur de Roanne Abdelkrim Grini

Ce procès, et particulièrement ces condamnations, ont-ils eu matière à satisfaire Jean-Paul Jusselme ? « Je n’ai pas à commenter une condamnation, l’important pour moi, c’est que la Justice soit passée », assure l’édile. Il se souvient que durant ces sept longues années, certains lui ont affirmé qu’il n’y aurait jamais de procès. Lui a gardé confiance, sûr de parvenir à un aboutissement. Et il a patienté. Le maire affirme qu’« [il] ne s’est jamais senti abandonné », et qu’« [il] n’en veut pas à la Justice ». En partie grâce à des contacts maintenus avec les gendarmes et le procureur de la République de l’époque, Abdelkrim Grini. « Il m’avait dit qu’il était soucieux que mon dossier soit traité avant son départ de Roanne, début 2024 », se souvient Jean-Paul Jusselme, reconnaissant. Joint par téléphone à Alès dans le Gard, où il a été nommé procureur en janvier 2024, Abdelkrim Grini s’est dit « content pour le maire que justice lui a été rendue, j’aurais souhaité que cela soit plus rapide ».

J’ai encore du mal à regarder des jeunes cagoulés à la télé sans y repenser.

Le maire de Chirassimont exprime un seul regret : « Que l’association des maires de France ne se soit pas portée partie civile, ou même que quelqu’un prenne de mes nouvelles en sept ans ». Les discours de soutien n’ont pourtant pas manqué, lors des différentes agressions d’élus qui ont eu lieu au plan national. Mais entre les mots et les actes. Jean-Paul Jusselme n’a pas de remords. Pour lui, avec ce procès, une page se tourne. « J’ai l’habitude des responsabilités et c’est mon caractère qui est comme ça. Dans la difficulté, je parviens à penser tout de même à l’avenir ». Et s’il assure que l’agression « ne [l]’a pas empêché de dormir », il admet paradoxalement que ce qu’il a vécu il y a sept ans était « très traumatisant » et qu’il a encore du mal « à regarder des jeunes cagoulés à la télé sans y repenser ».

Pascal Jacquet

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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