Publié le 18 juin 2024 à 11h53, mis à jour le 18 juin 2024 à 13h35
De gauche à droite et de haut en bas : Raquel Garrido, Jérôme Cahuzac, Eric Ciotti, François Hollande, Elisabeth Borne et Marie-Caroline Le Pen. MONTAGE : CHANG MARTIN/SIPA – PHILIPPE LOPEZ/AFP – SYSPEO/ SIPA – CHANG MARTIN/SIPA – XOSE BOUZAS/HANS LUCAS VIA AFP – ALAIN ROBERT/SIPA
En accès libre
Décryptage Après la clôture des candidatures dimanche, « le Nouvel Obs » s’est penché sur les différentes circonscriptions où auront lieu des combats emblématiques, entre des candidats surprises ou des personnalités. Tour d’horizon.
Des retours comme ceux de François Hollande, Dominique Voynet ou Jérôme Cahuzac. La candidature de l’ex-directeur de cabinet d’Elisabeth Borne, Aurélien Rousseau, sous les couleurs du Nouveau Front populaire (NFP). Des insoumis face à des insoumis… On connaît désormais tous les candidats aux élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet.
A lire aussi
Direct Direct – Législatives : l’ex-Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault appelle à voter pour le Nouveau Front populaire
En accès libre
« Le Nouvel Obs » a repéré 35 circonscriptions où le scrutin promet d’être intéressant. Investitures surprises et dissidences, basculements possibles ou craints, personnalités nouvelles et vieux briscards… Du NFP à l’extrême droite en passant par Les Républicains, tour d’horizon.
Publicité
Le Nouveau Front populaire
• Dans le Val-de-Marne, Louis Boyard et Loïc Signor, passés par « TPMP », s’affrontent
L’insoumis Louis Boyard, ex-chroniqueur de « Touche pas à mon poste ! » (« TPMP ») qui avait été copieusement insulté par Cyril Hanouna sur C8 en novembre 2022, retente sa chance dans la 3ᵉ circonscription du Val-de-Marne où le Rassemblement national (RN) a fait une percée spectaculaire lors des européennes du 9 juin. De son côté, la majorité a décidé de miser sur l’ex-journaliste de CNews Loïc Signor, actuel porte-parole de Renaissance, proche du ministre des Affaires étrangères et secrétaire général du parti macroniste Stéphane Séjourné. Et que les téléspectateurs de « TPMP » ont déjà vu sur le plateau de Cyril Hanouna.
• Dans l’Isère, la candidature contestée de l’insoumise Elisa Martin
Sous le coup d’une enquête pour « concussion » et « recel de délit », l’insoumise Elisa Martin, députée sortante, défendra les couleurs du NFP dans la 3e circonscription de l’Isère. Son investiture a fait l’objet de nombreux débats au sein de la coalition. Le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, dont elle était l’adjointe, aurait demandé à l’un de ses proches conseillers qu’il avait augmenté de reverser en liquide tous les mois une partie de son salaire à Elisa Martin. En tout, cette dernière aurait touché 16 800 euros. Elle affrontera un candidat PS dissident et l’ancienne députée Renaissance Emilie Chalas.
• Dans le Vaucluse, un militant antifa fiché S investi par LFI
Autre investiture polémique de La France insoumise (LFI) avec Raphaël Arnault dans la 1re circonscription du Vaucluse. Car non seulement l’ancien candidat malheureux aux législatives de 2022 dans la 2e circonscription du Rhône est parachuté, mais surtout il est fiché S en raison de ses actions au sein du mouvement antifasciste la Jeune Garde. Des points qui pourraient rebuter les électeurs, selon le reste des forces de gauche dans le département qui ont apporté leur soutien au candidat divers gauche Philippe Pascal. Une division à risque dans un territoire qui a élu un député RN en 2022.
Publicité
• Dans la Somme, François Ruffin de retour au front face au RN
Deux ans après avoir été réélu député de la 1ʳᵉ circonscription de la Somme, avec un score confortable de 61 %, François Ruffin paraît être un favori logique. Il est très implanté localement, c’est une figure de gauche médiatique et potentiellement ministrable. Mais la partie n’est pas gagnée face au RN et sa candidate, Nathalie Ribeiro-Billet, qu’il avait déjà affrontée au deuxième tour en 2022. D’autant que dans cette circonscription populaire du nord de la France, l’extrême droite fait traditionnellement d’excellents scores.
A lire aussi
Récit Face au RN, le grand défi du « front populaire »
Abonné
• A Paris, l’insoumise Danielle Simonnet face la cégétiste Céline Verzeletti
Elles ont combattu ensemble la réforme des retraites, mais se retrouveront opposées dans la 15ᵉ circonscription de Paris. Candidate dissidente non réinvestie par LFI, Danielle Simonnet a décidé de se lancer seule face à la cégétiste, novice en politique et investie par les insoumis. Membre du bureau confédéral de la CGT depuis 2015, Céline Verzeletti fut un temps pressentie pour succéder à Philippe Martinez, secrétaire général de la centrale, en mars 2023, avant de jeter l’éponge. Elle a démissionné de tous ses mandats syndicaux pour se consacrer à sa campagne.
• En Seine-Saint-Denis, Raquel Garrido face aux Lagarde et à un… insoumis
La vengeance est un plat qui se mange froid. Face à son ancienne proche, qu’il jugeait trop critique, Jean-Luc Mélenchon a investi un associatif, Aly Diouara, dont des tweets contre « le sioniste » Raphaël Glucksmann sont ressortis. Dans la 5ᵉ circonscription de la Seine-Saint-Denis, Raquel Garrido aura aussi fort à faire face à la maire de Drancy, Aude Lagarde (Union des Démocrates et Indépendants, UDI), épouse de Jean-Christophe, l’ex-député, inéligible. Mais elle mise sur son ancrage et le soutien des autres forces de gauche du NFP pour l’emporter. « Et insoumise, c’est écrit sur ma gueule », dit-elle.
Alexis Corbière et Raquel Garrido lors d’un rassemblement de membres du Nouveau Front populaire, de la société civile et des syndicats à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 17 juin 2024. LUDOVIC MARIN/AFP
• En Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière face à une… insoumise
C’est une tragédie identique qui se déroule dans la 7ᵉ circonscription de la Seine-Saint-Denis. Alexis Corbière, député LFI sortant ayant pris ses distances avec Mélenchon, est l’une des victimes de la « purge » décidée par la direction du mouvement. Désignée pour porter les couleurs du NFP, la médecin urgentiste Sabrina Ali Benali est la compagne du député sortant du Val-d’Oise Arnaud Le Gall, proche du tribun. Furieux, Corbière, élu dès le premier tour en 2022, a maintenu sa candidature avec le soutien de leaders du Nouveau Front populaire. Les deux insoumis se retrouveront-ils face à face au deuxième tour ?
Publicité
A lire aussi
Tribune Législatives : pourquoi LFI doit réintégrer ses sortants
En accès libre
• En Ille-et-Vilaine, un député sortant LFI « purgé » au profit de la compagne de Louis Boyard
Considéré comme frondeur, le député sortant Frédéric Mathieu a lui aussi été « purgé » par LFI. Après avoir sollicité l’humoriste Guillaume Meurice pour le remplacer dans cette 1ʳᵉ circonscription d’Ille-et-Vilaine, le mouvement a finalement investi l’éducatrice spécialisée Marie Mesmeur. Déjà présente sur la liste LFI pour les européennes, elle est également la compagne du député insoumis Louis Boyard. S’il voulait se maintenir, Frédéric Mathieu a finalement jeté l’éponge, « faute de suppléant ».
• A Marseille, Manuel Bompard repart dans un fauteuil
En 2022, Jean-Luc Mélenchon avait laissé à Manuel Bompard la direction de LFI et la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône. Un territoire où le nouveau coordinateur insoumis avait largement remporté les législatives, ce qu’il devrait à nouveau réussir sans trembler. Même dynamique pour Mathilde Panot, cheffe de file sortante des élus LFI au Palais-Bourbon, qui devrait facilement conserver la députation de la 10e circonscription du Val-de-Marne.
• En Corrèze, le retour de François Hollande
L’ex-chef de l’Etat (2012-2017) a surpris tout le monde, PS compris, en se déclarant candidat dans son ancienne circonscription, la première de Corrèze (1998-1993, puis 1997-2012), aujourd’hui détenue par le LR Francis Dubois. Avant lui, seul Valéry Giscard d’Estaing, ancien président (1974-1981), était revenu à l’Assemblée nationale – c’était en 1984. De bon augure pour François Hollande, qui partira sous la bannière du NFP – la même que LFI donc. Il n’aura pas de candidat du camp présidentiel face à lui – officiellement par respect pour son statut. Mais sans que les macronistes appellent à voter pour lui pour autant : le Premier ministre Gabriel Attal lui préfère le député LR sortant qui brigue un nouveau mandat.
A lire aussi
Billet A quoi joue François Hollande, candidat-surprise du Nouveau Front populaire à Tulle ?
En accès libre
• Dans l’Essonne, l’aventure en solo du socialiste Jérôme Guedj
Un pataquès de plus dans la 6ᵉ circonscription de l’Essonne : Jérôme Guedj, élu depuis 2022 (après un premier mandat comme suppléant du ministre François Lamy entre 2012 et 2014), remet son mandat en jeu avec le soutien du Parti socialiste (PS) et des Verts mais sans celui de LFI qu’il refuse en raison de « divergences profondes » : « Comme républicain, la ligne rouge franchie par trop de voix LFI m’a obligé à rompre avec eux depuis des mois », a-t-il expliqué, choqué par certaines déclarations depuis le 7 octobre 2023. En riposte, alors que cette circonscription revenait aux socialistes, les insoumis soutiennent Hella Kribi-Romdhane… l’ex-suppléante de Guedj. Face au député sortant, la majorité présidentielle n’a présenté aucun candidat.
Publicité
A lire aussi
Portrait Nupes : les illusions perdues de Jérôme Guedj
Abonné
• En Seine-et-Marne, Olivier Faure face à une extrême droite unie
Depuis sa première victoire en 2012 dans la 11e circonscription de Seine-et-Marne, le patron du PS a toujours obtenu plus de 60 % des voix au second tour. En 2017 et 2022, il était opposé au camp macroniste, désormais allié à l’UDI et représenté par le chef de cabinet de la ville de Meudon, Thomas Ianz. L’extrême droite, à 4,5 points de se qualifier pour le duel final en 2022, s’est unie autour du LR Vincent Paul-Petit dans le cadre de l’accord entre Eric Ciotti et le RN. Reconquête, le mouvement d’Eric Zemmour, ne lui a pas opposé de candidat.
• Dans les Yvelines, Aurélien Rousseau, de la macronie au Nouveau Front populaire
Ancien directeur de cabinet d’Elisabeth Borne, Aurélien Rousseau claque définitivement la porte du camp Macron et se porte candidat sous la bannière du NFP dans la 7ᵉ circonscription des Yvelines, celle qui fut un temps détenue par Michel Rocard. Passé par le Parti communiste français (PCF), l’ex-ministre de la Santé, qui avait démissionné avec fracas après l’adoption de la loi immigration qu’il estimait contraire à ses valeurs, sera confronté à la médiatique cheffe Babette de Rozières, investie par le RN dans le cadre de l’accord avec Ciotti, et à la députée macroniste sortante Nadia Hai. Il défendra l’abrogation de la réforme des retraites qu’il a portée à Matignon…
• Dans l’Aude, Philippe Poutou, le trotskiste du NPA, candidat
A Carcassonne, le parachutage de Philippe Poutou dans la 1ʳᵉ circonscription de l’Aude dynamite le NFP, notamment à cause de l’enquête contre le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) pour apologie du terrorisme. Les chefs du PS audois ont soutenu une candidature « de territoire », mais sans étiquette, en la personne d’Aurélien Turchetto, vice-président de l’agglomération et maire de Villesèquelande. Le député sortant, Christophe Barthès, est lui réinvesti par le RN.
Philippe Poutou, figure du Nouveau Parti anticapitaliste et candidat du Nouveau Front populaire dans l’Aude. SHUTTERSTOCK/SIPA
• Dans le Doubs, le retour de Dominique Voynet
Elle aussi fait un come-back. Ancienne ministre de l’Environnement sous la gauche plurielle, ex-cheffe des écologistes, l’ancienne médecin Dominique Voynet est candidate dans la 2ᵉ circonscription du Doubs. Ce qui fait grincer quelques dents vertes qui lui reprochent son soutien à Denis Baupin, mis en cause pour violences sexuelles. Le député sortant Renaissance, Eric Alauzet (un ex-écolo), a laissé la place à Benoît Vuillemin, maire de Saône et vice-président de la métropole de Besançon, pour défendre le camp présidentiel.
Publicité
• Dans la Somme, Léon Deffontaines veut transformer l’essai
Aux européennes, la tête de liste communiste n’a pas fait d’exploit (2,36 %). Une défaite vite reléguée par les législatives où Léon Deffontaines est candidat du NFP dans la 3ᵉ circonscription de la Somme. Il tentera de déloger le député LR sortant, Emmanuel Maquet, qui sera concurrencé par Bruno Mariage (Horizons). De son côté, le RN a parachuté Matthias Renault, haut fonctionnaire de 36 ans.
• Dans le Nord, Fabien Roussel veut encore résister au RN
Entre 2017 et 2022, l’écart au second tour des législatives entre le secrétaire national du PCF et le candidat d’extrême droite est passé de près de 28 points à 9 points. Pour conserver son mandat dans la 20ᵉ circonscription du Nord, Fabien Roussel sera à nouveau opposé au frontiste Guillaume Florquin, qui espère surfer sur le score local de son parti aux européennes (47,64 %).
La majorité présidentielle
• A Marseille, la secrétaire d’Etat Sabrina Agresti-Roubache en danger
En 2022, la protégée de Macron avait remporté la 1ʳᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône de justesse face au RN, avec moins de 500 voix d’avance. Cette fois, la bataille promet d’être encore plus serrée, avec une extrême droite à plus de 40 % aux européennes. Localement, la secrétaire d’Etat chargée de la Ville Sabrina Agresti-Roubache bénéficie du soutien de la droite marseillaise. Si sa principale adversaire reste donc la candidate du RN, Monique Griseti, ses premières flèches de campagne ont été adressées à la gauche.
La secrétaire d’Etat Sabrina Agresti-Roubache en campagne à Marseille, le 12 juin 2024. ALAIN ROBERT/SIPA
• A Tourcoing, la gauche rêve de faire tomber Gérald Darmanin
Y aura-t-il match ? C’est en tout cas ce qu’espère Leslie Mortreux, candidat du NFP, qui avait créé la surprise en 2022 en obtenant 42,48 % au second tour contre Gérald Darmanin (57,52 %) dans la 10e circonscription du Nord. Le ministre de l’Intérieur et ancien maire de Tourcoing devra aussi faire face à des représentants de LR, du RN et de Reconquête.
Publicité
• A Paris, Clément Beaune affronte le premier adjoint d’Anne Hidalgo
Deux hypothétiques candidats à la mairie de Paris s’affronteront dans la 7ᵉ circonscription de la capitale. Le député sortant Clément Beaune, l’une des rares figures de l’aile gauche de la majorité, qui fut ministre des Transports avant d’être éjecté du gouvernement pour s’être opposé à la loi immigration, veut croire que l’exploit est possible. Il aura fort à faire dans cette circonscription qui penche nettement à gauche et qu’il avait réussi à arracher sur le fil en 2022, devançant de moins de 700 voix son adversaire insoumise. L’ex-sherpa de Macron, qui dit cette fois partir en candidat « libre », sera confronté au socialiste Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo investi par le NFP, qui, lui, devra surfer sur le bon score réalisé par la liste de Raphaël Glucksmann aux européennes (presque 30 %).
• Dans l’Isère, un étudiant défie Olivier Véran
Pour Hugo Prévost, investi par le NFP, « Olivier Véran n’est d’aucune utilité dans cette élection ». L’étudiant en économie va affronter l’ancien ministre de la Santé dans la 1re circonscription de l’Isère, où ce dernier est élu depuis 2017. A 24 ans, il pourra compter sur l’expérience de sa suppléante, Salomé Robin, 21 ans seulement, mais candidate de la Nupes contre Véran en 2022. L’ex-porte-parole du gouvernement devra aussi faire face à la LR Nathalie Béranger, qui se revendique candidate de la droite et du centre. Le RN, qui a investi le LR passé par Reconquête Alexandre Lacroix, veut surfer sur les bons résultats aux européennes pour faire mieux qu’en 2022 (7 %).
• A Paris, le poulain d’Edouard Philippe contre l’insoumis Aymeric Caron
C’est une bataille au parfum de revanche dans la 18e circonscription de Paris. En 2022, Aymeric Caron, l’ex-débatteur de chez Laurent Ruquier, investi par la Nupes, avait battu (avec 51 % des suffrages) le protégé d’Edouard Philippe et député sortant Pierre-Yves Bournazel. Ce dernier, qui ambitionne d’être candidat à la mairie de Paris, espère cette fois profiter d’un éventuel vote anti-LFI pour l’emporter. A l’Assemblée, Caron s’est distingué par une proposition de loi contre la corrida ou encore par la diffusion récente d’un film sur les massacres à Gaza.
• A Paris, l’ex-patron des députés de la majorité face à un proche de Rachida Dati
Drôle de situation dans la 2ᵉ circonscription de la capitale. Gilles Le Gendre part en dissidence contre le candidat investi par son parti, Jean Laussucq, conseiller LR de Paris et proche de Rachida Dati. L’ex-patron des députés macronistes avait déjà eu affaire à l’actuelle ministre de la Culture, qui avait relayé des accusations de « harcèlement sexuel et moral » à son égard, allégations rapidement classées par la justice. Le dissident vise de nouveau la victoire pour la majorité, dont il se revendique encore.
Publicité
• Dans les Yvelines, Yaël Braun-Pivet, locataire sortante du perchoir, joue son avenir
Opposée à la dissolution, la présidente de l’Assemblée nationale sortante doit refaire campagne dans une circonscription, la 5ᵉ circonscription des Yvelines, qu’elle a conquise en 2017 et qui a voté à 21 % pour la liste macroniste conduite par Valérie Hayer aux européennes. Favorite, la locataire sortante du perchoir n’est toutefois pas assurée de l’emporter. Elle aura face à elle une vieille connaissance, Jacques Myard, un vieux routier de la droite qu’elle avait envoyé au tapis en 2017 et qui, cette fois, a été investi par LR et le RN.
• Dans l’Ain, Damien Abad candidat malgré sa mise en examen
Très implanté dans sa circonscription d’Oyonnax, l’éphémère ministre des Solidarités Damien Abad est candidat malgré sa mise en examen pour tentative de viol. Ex-patron des députés LR, apparenté Renaissance à l’Assemblée depuis 2022, il part sans étiquette dans une 5ᵉ circonscription de l’Ain où le RN a largement viré en tête aux européennes.
• Dans le Calvados, Elisabeth Borne ne veut pas sa retraite
Après vingt mois passés à Matignon, Elisabeth Borne est candidate dans la 6ᵉ circonscription du Calvados, où elle est députée sortante. Associée à ses 23 utilisations de l’article 49.3 de la Constitution qui permet de faire adopter un texte sans vote à l’Assemblée, le deuxième plus haut total de l’histoire de la Vᵉ République, l’ex-Première ministre devra notamment faire face à Noé Gauchard, candidat LFI investi par le NFP, qui avait obtenu près de 48 % des voix contre elle au second tour en 2022.
L’ex-Première ministre Elisabeth Borne en campagne à Vire, dans le Calvados, le 14 juin 2024. SICCOLI PATRICK/SIPA
• Dans les Hauts-de-Seine, Stéphane Séjourné veut devenir député
Le Quai d’Orsay, le parti et maintenant l’Assemblée ? C’est ce que vise Stéphane Séjourné, candidat dans la 9ᵉ circonscription des Hauts-de-Seine. Pour cela, le ministre des Affaires étrangères a poussé vers la sortie le député Renaissance sortant, Emmanuel Pellerin, isolé depuis qu’il a reconnu avoir consommé de la cocaïne. Si l’extrême droite, divisée entre un candidat RN et un candidat de Reconquête, ne représente pas un grand danger, Séjourné sera concurrencé par la LR Virginie Mathot, investie malgré un accord local.
Publicité
• Dans les Hauts-de-Seine, Gabriel Attal face à deux candidats LR et une gauche unie
En signant un accord avec la droite locale, le Premier ministre pensait s’être débarrassé d’un concurrent, comme lors de sa victoire en 2022, dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. Finalement, il sera opposé au LR Sébastien Laye, représentant de l’alliance entre Ciotti et le RN, et au LR Clément Perrin, investi par la nouvelle direction du parti. A gauche, le NFP a renouvelé l’union derrière la socialiste Cécile Soubelet.
• En Nouvelle-Calédonie, duel dans la majorité
Non réinvestis par Renaissance, les députés sortants Philippe Dunoyer (non indépendantiste de droite modérée) et Nicolas Metzdorf (figure du camp loyaliste) vont s’opposer dans la 1ʳᵉ circonscription de Nouvelle-Calédonie, où le premier est élu depuis 2017 – tandis que le second avait été élu dans la 2e circonscription en 2022. Après s’être farouchement opposés lors des émeutes en mai, le premier est soutenu par Horizons, le second par aucun parti national.
Le Rassemblement national
• Dans les Hautes-Alpes, le sondeur Jérôme Sainte-Marie roule pour le RN
Jérôme Sainte-Marie a passé des années à travailler dans l’ombre, à livrer conseils et sondages en toute discrétion à Marine Le Pen. Devenu partenaire officiel du RN en septembre 2022, en prenant la tête de son école des cadres, le sondeur tente pour la première fois l’aventure électorale, dans la 1ʳᵉ circonscription des Hautes-Alpes, où il affirme habiter à mi-temps – bien que très souvent sur les plateaux de télévision parisiens. Le politologue affrontera notamment la députée macroniste sortante Pascale Boyer et la socialiste et candidate du NFP Marie-José Allemand.
A lire aussi
RN : l’étonnante bienveillance de l’Arcom à l’égard de Jérôme Sainte-Marie
En accès libre
• Dans la Sarthe, Marie-Caroline, la sœur de Marine Le Pen, candidate
Comme toujours chez les Le Pen, la politique est une affaire de famille. Nouvelle preuve avec la candidature de Marie-Caroline, sœur de Marine, dans la 4ᵉ circonscription de la Sarthe, où François Fillon fut député. Parachutée, la conseillère régionale d’Ile-de-France va tenter de déloger la députée LFI sortante Elise Leboucher, candidate pour le NFP. En 2022, cette dernière avait remporté l’élection de justesse contre le RN (50,15 % contre 49,85 %).
Publicité
Les Républicains
• A Nice, Eric Ciotti en campagne contre un LR
Le président de LR pourrait-il perdre contre un… LR ? Après son accord avec le RN, la nouvelle direction du parti lui a opposé l’entrepreneur Virgile Vanier dans sa 1ʳᵉ circonscription des Alpes-Maritimes, où il est élu depuis 2007. Dans ce territoire de droite, la majorité sera représentée par Graig Monetti, adjoint Horizons à la mairie de Nice dirigé par Christian Estrosi, l’ennemi numéro un de Ciotti. Les deux candidats s’allieront-ils si l’un des deux arrive au second tour ? Pour cela, il faudra éliminer l’insoumis Olivier Salerno, représentant de la gauche unie.
A lire aussi
Entretien Bruno Cautrès : « Les contradictions des LR leur explosent au visage »
Abonné
• En Haute-Loire, Laurent Wauquiez fait son retour dans l’arène nationale
Pressenti pour être le candidat LR à l’élection présidentielle de 2027, Laurent Wauquiez a été investi dans la 1ʳᵉ circonscription de la Haute-Loire au détriment de la députée sortante, Isabelle Valentin, qui avait remporté 70 % des voix au second tour en 2022. La candidature du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans un territoire acquis aux LR lui confère une occasion de revenir dans le paysage national.
Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à Paris, le 12 juin 2024. DIMITAR DILKOFF/AFP
• Dans le Lot, Aurélien Pradié en représentant de la droite « libre »
Profondément opposé au virage extrémiste de Ciotti, qui l’avait démis en 2023 de ses fonctions de vice-président de LR, Aurélien Pradié se représente dans la 1re circonscription du Lot. « Une voix forte » et « libre », a-t-il écrit sur son affiche de campagne… où n’apparaît pas le logo LR. Comme en 2022, il y sera opposé à l’insoumise Elsa Bougeard qui pourra s’appuyer sur une gauche unie pour améliorer son score (35,37 %).
Et aussi
• Dans le Lot-et-Garonne, le retour de Jérôme Cahuzac
Il le préparait et l’annonçait depuis des mois déjà : Jérôme Cahuzac, l’ex-ministre délégué chargé du Budget condamné pour fraude fiscale, est de retour dans la 3ᵉ circonscription du Lot-et-Garonne, détenue depuis 2022 par le RN. Populaire localement mais très contesté nationalement, il est candidat indépendant sous l’étiquette centre gauche. Face à lui, la majorité n’investit pas de candidat, mais soutiendra le LR Guillaume Lepers, actuel maire de Villeneuve-sur-Lot. Dans cette partie très disputée, il faudra aussi compter avec Xavier Czapla, sous l’étiquette du NFP.
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
Engagez-vous avec CDCL
Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.
Source de l’article : Source
