Nice : insultes, stupeur, soutiens… L’alliance LR- RN d’Eric Ciotti bouscule les politiques maralpins

À la surprise générale, Eric Ciotti, président des Républicains, annonçait ce 11 juin son intention de mener campagne commune avec le Rassemblement national de Marine Le Pen pour ces élections légis­la­tives anticipées. 

Une décision qui fait polémique au niveau national, mais aussi dans le monde politique des Alpes-​Maritimes, où les frontières sont pourtant réputées plus poreuses qu’ailleurs.

« Nous avons besoin d’une alliance en restant nous mêmes ». C’est à la mi-​journée sur TF1 que le député du centre ville-​niçois a franchi le Rubicon : il appelle son parti à pactiser avec le Rassemblement national, après avoir échangé avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Avec le scrutin des 30 juin et 7 juillet prochains en tête, Eric Ciotti a fait valoir que les sortants de droite ne pourront rempiler « sans union de la droite ». Pour lui, la formation gaulliste est aujourd’hui confrontée à trois blocs, la majorité qui aurait causé la hausse de la violence, le RN, et le « danger mélen­cho­niste », selon ses mots. Les modalités exactes de cet accord électoral étaient encore floues ce mardi.

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Plusieurs de ses fidèles le suivent dans l’aventure. Au niveau local, citons l’eurodéputé Laurent Castillo, élu dimanche soir, qui appuie ce choix radical. Même chose pour la députée des Alpes-​Maritimes Christelle d’Intorni, qui expli­quait dans nos colonnes les raisons de sa position rapidement après le 13-​Heures. Son suppléant a toutefois choisi de claquer la porte entre­temps, pointant un « reniement ».

Rappelons qu’Eric Ciotti est le numéro deux du conseil dépar­te­mental. Que pense de tout ça son président, Charles Ange Ginésy ? À l’heure où nous écrivons ces lignes, c’était toujours le silence radio. Dans l’opposition au CD 06, le groupe centriste mené par le maire de Saint-​Laurent-​du-​Var Joseph Segura l’appelle à destituer Eric Ciotti de la commission des finances, organe straté­gique qu’il dirige depuis des années.

On compte chez nous cinq sénateurs Les Républicains. À l’unanimité, dit Dominique Estrosi Sassone, ils ont voté la publi­cation d’un texte rejetant une union avec l’extrême droite. Un commu­niqué qui semble englober une proche d’Eric Ciotti, l’élue Alexandra Borchio Fontimp.

Et du côté des autres députés de droite ? Eric Pauget, du côté d’Antibes, et Michèle Tabarot, du Cannet, partagent la même ligne, « contre les extrêmes ».

Condamnations similaires pour les maires des grandes communes. David Lisnard, à Cannes, appelle les déçus de LR à rejoindre sa formation « Nouvelle énergie ». « Notre mouvement politique est porteur d’une histoire, inspiré par des valeurs et s’incarne dans un programme qui n’est pas compa­tible avec cette stratégie » pointe l’édile d’Antibes, Jean Leonetti.

Sans surprise, comme nous le relayions in extenso dans cet article, le président de la Métropole Nice-​Côte d’Azur Christian Estrosi (majorité prési­den­tielle) tire à boulets rouges sur « une trahison ».

D’un mot, les choses sont tout aussi compli­quées pour Eric Ciotti au niveau national. Le Sénat et Gérard Larcher ont dénoncé son ralliement à Marine Le Pen. Le patron des députés LR, Olivier Marleix, réclame son départ de la prési­dence du parti, tandis que sa vice-​présidente, Florence Portelli, évoque carrément un fait de « colla­bo­ration ». D’autres figures sont montées au créneau : Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse ou encore Xavier Bertrand.

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