La vidéo a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Ce vendredi 7 juin 2024, sur la plateforme sociale X (anciennement Twitter), une vidéo montrant une altercation entre deux jeunes et la députée Aude Luquet commence à se propager. Dans les rues de Melun (Seine-et-Marne), l’élue est bousculée après avoir été accusée d’avoir cassé un phare de leur voiture.
À lire aussi
Une vidéo virale
De nombreux comptes se sont fait le relai d’une vidéo publiée sur plusieurs réseaux sociaux tels que X, TikTok ou encore Facebook, présentant un différend entre deux jeunes et la députée Aude Luquet. Plusieurs montages sont alors visibles, plus ou moins longs.
On y voit alors au début de la vidéo un jeune se filmer en selfie avec la députée, celle-ci semble visiblement agacée. Après une première coupure, le montage enchaîne avec un autre jeune homme qui dit : « En tout cas merci madame la députée pour tout ce que vous faites pour nous. […] Une très bonne journée. »
Un échange qui apparait pour le moins cordial avant le bruit d’un impact tandis que celui qui tient la caméra rentre dans le véhicule. L’un des jeunes repousse l’élue de la voiture, découvrant les débris de son phare arrière gauche sur le sol. « Donc madame la députée ici présente vient de casser le Kangoo« , décrit-il.
Aude Luquet, sur la vidéo, conteste avoir dégradé le feu en expliquant qu’il était déjà abîmé. Après une autre coupure, on découvre la députée visiblement au téléphone, expliquant qu’elle est avec la police et qu’ils se rendent sur place.
Une dernière coupure mène le spectateur à l’intérieur du véhicule. Tandis que les deux jeunes tentent de partir, l’élue parlementaire fait opposition en se mettant devant l’utilitaire leur sommant d’attendre la police, agaçant visiblement les occupants de l’habitacle qui tente d’avancer.
« Vas-y met lui un coup de première dans sa grand-mère ! »
La version des faits de la députée
Cette vidéo prend une ampleur inattendue en étant relayée par des comptes influents. Elle a été de ce fait vue plusieurs millions de fois. C’est une pluie de commentaires, parfois très violents qui sont alors lisibles. « J’ai passé mes réseaux sociaux en privé. C’était un défouloir. On dit que je suis folle, que je suis conne, que je suis une racaille. On m’a même dit que j’étais sioniste à cause de cette vidéo », raconte Aude Luquet.
Ce qui inquiète l’élue, au-delà de la violence des réactions, c’est l’absence de réflexion et de prise de recul. « Cette vidéo est sans cesse coupée. On voit bien que c’est un montage orienté pour me discréditer », affirme-t-elle.
Les différents passages de la vidéo sont séparés par des coupures. Impossible non plus de déduire ce qu’il s’est passé en amont de l’enregistrement. Aude Luquet apporte sa version des faits : « Ces jeunes qui travaillaient pour la fibre étaient stationnés rue Duguesclin. Ils étaient garés sur une place pour handicapé. Je leur ai fait une remarque, non pas en tant que députée, mais en tant qu’habitante de Melun », rapporte-t-elle.
Sur la vidéo, on constate les marquages au sol (au moment où l’un des jeunes montre le phare cassé, ndlr). Elle déclare alors que c’est cette remarque qui a poussé les jeunes à filmer et se montrer très sarcastiques envers elle. « La vidéo ne montre pas les 30 minutes de discussion qu’on a eu », déplore-t-elle. Un échange tendu qui mène alors vers le point de la polémique : le feu arrière du véhicule.
Aude Luquet continue de contester : « Quand j’ai pris une photo de la plaque d’immatriculation, avant d’appeler la police, le phare était déjà cassé. » Après consultation de l’image par la rédaction, il est visible que le feu est endommagé, mais que les débris ne sont pas encore présents au sol comme sur la vidéo des deux jeunes.

Après avoir fait une comparaison, le phare semble tout de même avoir été dégradé par l’élue : « J’ai appuyé sur le phare et ça l’a abîmé davantage. Poser mon pied contre cette voiture, ce n’est sans doute pas la meilleure chose que j’ai faite« , admet-elle.
Faire respecter la loi
Aude Luquet reste néanmoins outrée de ce qu’il s’est passé ce matin-là. Si elle arrive à passer au-delà des insultes, c’est aujourd’hui de l’incompréhension qui subsiste dans son esprit : « Personne ne s’est soucié du problème de stationnement. Il y en a marre des incivilités. Me faire insulter alors que je défends les lois de vie commune… «
Selon elle, ce n’est pas forcément son titre de députée qui attise la violence. « Il m’est arrivé de faire une réflexion à une personne qui parlait trop fort dans le train et elle s’est mise à me brailler dessus, sans pour autant savoir que j’étais élue. Mais certains me disent qu’il ne faut rien dire… »
Pour elle, le fait d’être élue peut cristalliser les conflits, mais « ce n’est pas l’unique raison« . Elle semble inquiète concernant le respect du vivre ensemble.
À lire aussi
« J’ai déposé une plainte pour outrage et violences envers une personne dépositaire de l’autorité publique. Un témoin était également présent lors de l’altercation et pourra corroborer mes affirmations« , indique Aude Luquet.
Face à ces images sur lesquelles on la voit devant le véhicule, elle se souvient : « Ils m’ont poussé. J’avais leur parechoc qui s’enfonçait dans mes genoux. Mais dans ma tête, je me disais qu’il n’allait pas m’écraser…«
Une vidéo virale qui n’a pas manqué de faire réagir. « Une plainte a bien été déposée. Les propos tenus dans la voiture ne peuvent pas être retenus comme une menace puisque la députée n’est pas supposée l’entendre à travers le pare-brise. Nous avons pu entendre la version des jeunes, mais aussi du témoin présent sur place », indique le parquet, qui confirme l’ouverture d’une enquête.
Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
Engagez-vous avec CDCL
Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.
Source de l’article : Source
