Avignon : les prévenus soupçonnés d’avoir agressé un maire isérois sur fond de racisme l’accusent de violences

, Avignon : les prévenus soupçonnés d’avoir agressé un maire isérois sur fond de racisme l’accusent de violences

Devant le tribunal correctionnel d’Avignon ce jeudi matin, deux jeunes hommes soupçonnés d’avoir agressé le maire communiste du Péage-de-Roussillon et sa famille, sous prétexte que sa fille est noire, ont accusé l’édile et ses proches de leur avoir porté des coups.

Le Figaro Marseille

Retournement de situation au tribunal correctionnel d’Avignon ce jeudi. Après plusieurs renvois, la justice vauclusienne était amenée à se pencher sur un dossier épineux, celui de l’agression du maire de Péage-de-Roussillon, le communiste André Mondange, et de plusieurs membres de sa famille par deux jeunes hommes, à la fin de l’année 2023. L’édile avait porté plainte, quelques jours après l’incident survenu près d’un bar de la cité des Papes où il se rendait pour fêter en famille la thèse de son neveu. Son chemin avait alors croisé celui d’Hugo H. et Siméon S., deux jeunes hommes. Ces derniers l’auraient alors questionné sur l’insigne de maire qu’il portait, avant de frapper l’édile et les membres de sa famille et de proférer des injures à caractère raciste, faisant part de leur dégoût envers cet homme qui a une fille métisse.

Après leurs gardes à vue et plusieurs renvois, les deux prévenus âgés de 19 et 22 ans étaient convoqués pour injures publiques en raison de l’origine, violences commises en réunion, avec pour l’un d’entre eux des faits ayant été suivi d’une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours. Mais au début de l’audience, Me Clément Diakonoff, avocat d’Hugo H., a déposé plusieurs demandes de citation directe visant André Mondange et plusieurs membres de sa famille, les accusant de violences sans ITT envers son client lors de cette même scène.

«La défense souhaite un certain rééquilibrage des choses, plaide Me Diakonoff à la barre. C’est une chose d’affirmer qu’il y a des violences commises contre un élu, qui ne sont autres que des violences réciproques commises dans un bar.» À ces mots, André Mondange lève les yeux aux ciels, visiblement outré. «Ça devient insupportable, s’indigne son avocat, Me Jacques Thoizet. Toutes les manœuvres auront été utilisées. On nous parle d’un complot qui aurait été mené contre ces deux jeunes. On a eu droit à des confrontations qui ne servaient à rien, et puis, au dernier moment, on fait cette demande, pour faire le buzz.»

Renvoi en février 2025

«C’est difficilement supportable pour mes clients qui ont été agressés, poursuit l’avocat. Ce sont les seuls à avoir reçu des coups, porter plainte et produit des certificats médicaux !» «C’est tout aussi insupportable pour mon client d’être présenté comme coupable dans ce dossier présenté comme agression d’un maire, là où ça a toujours été une bagarre de comptoir», répond en s’emportant Me Mathieu Sassi, avocat de Siméon S.

Conformément aux réquisitions du procureur, le président du tribunal a décidé, compte tenu de ces citations directes, de renvoyer l’ensemble du dossier au 27 février 2025. «Ce n’était pas le but», a affirmé Me Diakonoff à la sortie de l’audience. «Je suis très déçu, a réagi le maire du Péage-de-Roussillon. Les faits sont très clairs. Il n’y a rien de plus clair. Nous avons été victimes d’injures raciales. Ce n’est absolument pas une bagarre de comptoir. Ils m’ont demandé de quelle ville j’étais maire, avant de revenir vers nous. Ils avaient sûrement cherché sur Internet. De notre côté, nous avons simplement fait usage de la légitime défense, sans le blesser, alors qu’il était prêt à réarmer son bras, muni d’une bouteille. Nous avons naturellement fait le nécessaire pour éviter le coup.»

En 2022, les faits de violences envers les élus étaient en hausse de 32% selon le ministère de l’Intérieur, avec 2265 plaintes et signalements pour violence verbale (menaces, insultes, outrages) ou physique. Le phénomène est tel qu’à la fin du mois de novembre dernier, le gouvernement a lancé un numéro vert dédié aux élus victimes de violence.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

Source: Source