Seine-et-Marne : insultes, jets de bouteilles, tirs de mortiers : « le chaos » après le match Melun-Montreuil

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En venant regarder ce match de football du dimanche, ils ne s’attendaient pas à ce que ça tourne mal. Les clubs de Melun (Seine-et-Marne) et Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont disputé une montée de division (la R1) devant près de 700 personnes dimanche 26 mai sur le gazon du stade Paul Fischer. Mais la rencontre ne va pas se terminer comme prévu.

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Un début de match bon enfant…

Dans les tribunes, les supporters de tous les âges sont présents. Des familles, des séniors du club, des élus… Estimé à 700 spectateurs, le public regroupe en majorité des Melunais, à domicile, avec seulement une centaine de Montreuillois. Le coup d’envoi lancé, tout se passe sans incident jusqu’au premier but de Montreuil.

Julien Aguin, élu à l’Agglomération était présent. Il témoigne : « Après ce but, il y a eu quelques fumigènes, mais rien de mal. Il y avait une super ambiance. » Évidemment, les rivaux du jour se chambrent, chacun à leur manière. En retour, les Melunais ont commencé à citer chaque numéro de joueur de Montreuil sur le terrain, allié à une insulte.

Pour autant, l’animateur de la rencontre prend la parole afin d’appeler au calme. La rencontre entre les deux clubs se poursuit. Après la mi-temps, Melun revient au score, ce qui déclenche des célébrations du public, mais pas de débordement.

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S’il y a quelques tensions aussi au bord du terrain, rien qui vient déchaîner la violence : « Les joueurs ont été remarquables sur le terrain, il n’y a pas eu de tête-à-tête ou de tension particulière entre les deux équipes, rien qui n’a pu attiser la haine du public », ajoute Édouard* un témoin présent dans le stade. 

Si le résultat ne condamnait aucune équipe, les réactions qui suivent le coup de sifflet final ont été pour le moins violentes.

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… qui laisse place au chaos

C’est donc au moment où les joueurs commençaient à rentrer aux vestiaires que l’agitation s’est manifestée dans les gradins. « Du côté de Melun ça s’est rapproché, il y a eu des fusées, des feux d’artifice. Il y avait aussi des jets de bouteilles en plastique et en verre« , souligne Edouard.

Des heurts qui ont éclaté après la rencontre, en plein milieu des familles venues profiter du match. Et ça s’est prolongé sur le parking : « C’était assez impressionnant et soudain. C’est monté à une vitesse folle », appuie-t-il.

Ça semblait ingérable. C’était le chaos.

Edouard, présent lors des heurts entre supporters de Melun et Montreuil

Du côté des forces de l’ordre, les effectifs avaient été mobilisés en amont : « 16 policiers de la compagnie départementale d’intervention, trois officiers de police nationale, huit membres du groupe de sécurité publique, neuf fonctionnaires de la brigade anticriminalité et toute la brigade de police municipale étaient sur les lieux », indique une source policière.

Si aucun blessé n’est à déplorer, quelques personnes ont été néanmoins incommodées par les effluves de gaz lacrymogène utilisé pour disperser la foule. Le mouvement aurait été « à l’initiative de supporters melunais« , selon cette même source.

Le maire de Melun, qui était présent sur place, a été témoin de cette scène. « C’était mon premier match depuis que je suis maire. C’était un match à enjeu. Des mortiers et feux de bengales ont été confisqués », répertorie Kadir Mebarek.

On vient encourager son club, pas insulter les autres joueurs.

Kadir Mebarek, maire de Melun

Néanmoins, il reconnait que l’organisation était « perfectible ». Après les événements, il a pu s’entretenir avec la présidence du club : « J’ai fait part de mes regrets au président du club. Il y avait de la bonne volonté dans l’organisation. Il y a des gens qui se sont infiltrés, et qui n’ont rien à voir avec les valeurs du sport. Dès le début du match, il y a eu quelques provocs et des réponses. »

Le maire condamne les violences et les insultes qui ont été proférées dans le stade : « Je ne sous-estime pas les provocations de certains Melunais. Je condamne les violences et les mots. »

Le maire de Melun atteint par un projectile

Dans un document vidéo transmis à La République de Seine-et-Marne, lors des heurts, on y voit un joueur qui porte les couleurs du Montreuil FC jeter une bouteille dans le public.
Kadir Mebarek, le maire de Melun, confirme avoir reçu cette bouteille sur la tête. « Elle était à moitié pleine. Sur le moment, ça surprend, mais heureusement, je n’ai rien », témoigne-t-il. Cependant, l’élu reste lucide : « Les bouteilles ont été lancées depuis les tribunes. Elle n’aurait pas dû être lancée en premier lieu, ce n’est pas l’esprit du sport. »

Les équipes se renvoient la balle

Au lendemain de la rencontre, le club de Montreuil a publié un long message sur les réseaux sociaux marquant leur choc face à la fin de match. « Ce qui devait être une fête du football, s’est transformé en guet-apens organisé par les supporters de Melun », dénoncent-ils.

Ils déplorent un « comportement de voyou » de la part de certains supporters, allant plus loin : « Malgré la présence du maire de Melun et certains élus, cela ne les a pas freinés dans leur envie d’en découdre avec Montreuil. » Ils pointent du doigt une organisation peu efficace.

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Face aux accusations de mauvaise organisation, Ridy Nkayilu, le président du club de Melun conteste : « On avait mis en place un No Man’s Land pour séparer les supporters de Montreuil ce ceux de Melun. On avait mis des rubalises pour matérialiser ce blocage. Nous avions demandé la présence des forces de l’ordre. »

Les mêmes reproches étaient formulés dans le communiqué réalisé par le FC Melun à propos des supporters de Montreuil : « Ces derniers ont lancé des mortiers et des boules de feu en fin de match et ont eu des gestes déplacés envers les familles et les centaines d’enfants présents ce jour-là, pendant toute la durée du match. »

Interrogé par nos soins, la présidence se justifie : « Concernant les insultes, on ne peut pas être derrière toutes les bouches. Le speaker a appelé au calme et il l’a très bien fait. En revanche, la limite à ne pas franchir, c’est la violence. »

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Ils affirment vouloir instaurer une ambiance familiale et positive, loin du tumulte du dimanche 26 mai. « On veut travailler de manière plus étroite avec les clubs pour préparer les rencontres. On veut montrer le vivre ensemble et la cohésion », martèle le président.

Après la vive réaction du club de Montreuil, le FC Melun explique qu’il est « disposé à être autour de la table et poser les choses« .

Contacté, le président du Montreuil FC a refusé de s’exprimer.

*Son prénom a été modifié.

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