« Elle était une femme tenace et engagée » : une ancienne maire du Gard retrouvée morte égorgée par un chien, quatre personnes en garde à vue

Annette Guibal, ancienne maire du village, a été victime d’une violente agression mortelle causée par un chien, mardi après-midi, dans le cimetière de la commune.

Elle était sûrement venue fleurir la tombe d’un proche, des fleurs ayant été retrouvées près de son corps ce mardi 28 mai. « Je sais que son oncle est enterré ici, il y a peut-être d’autres membres de sa famille », confie, au lendemain du drame, le maire actuel de Canaules-et-Argentières, Robert Cahu.

En fin de journée ce mardi, Annette Guibal, 93 ans, et maire de la petite commune d’environ 500 habitants pendant presque 15 ans, de 2001 à 2014, se rend au cimetière situé aux portes du village. Le lieu, d’habitude marqué par la tranquillité, n’est jamais fermé afin de laisser libre les allées et venues des habitants.

À l’intérieur de l’enceinte, la nonagénaire croise deux dogues argentins. L’un d’entre eux lui saute à la gorge et lui tranche la carotide. Malgré de nombreuses tentatives pour la réanimer, l’ancienne élue meurt sur le sol du cimetière.

Quatre gardes à vue et une tentative d’omerta ?

Un important dispositif de gendarmerie est déployé aux côtés des secours durant l’intervention, avec des effectifs de la gendarmerie de Quissac, accompagnés par une cellule investigation et un maître-chien venus de Nîmes. L’alerte avait été donnée par une jeune femme de 18 ans qui a fait état, au départ, de l’attaque d’un « chien errant ».
Mais sur place, son témoignage devient hasardeux et interpelle les enquêteurs. La jeune femme finit par avouer avoir menti : le chien en question provient d’un élevage privé de dogues argentins situé à proximité, où elle effectue un stage, selon les informations communiquées par le procureur de la République d’Alès, Abdelkrim Grini. « Elle aurait menti sous la pression de la gérante de l’élevage, qui lui aurait forcé de raconter cette histoire de chien errant. »

La gérante, âgée de 42 ans, aurait également envoyé sur place ses deux fils de 19 ans pour embarquer l’animal dans une voiture avant l’arrivée des forces de l’ordre. Eux aussi auraient exercé une pression sur la stagiaire pour qu’elle dépose un faux témoignage.

La jeune stagiaire, ainsi que la gérante, sont en garde à vue depuis ce mardi 28 mai. Les deux fils les ont rejoint ce mercredi 29 mai en fin de journée. L’enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame a été confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie du Vigan. Une autopsie de la victime est prévue ce vendredi 31 mai.

Les quatre personnes impliquées devraient être jugées ultérieurement devant le tribunal correctionnel d’Alès pour homicide involontaire. La gérante et la stagiaire pour homicide involontaire. Elles encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Les deux fils pour avoir voulu travestir la vérité.

Une femme « tenace »

La stupeur et l’incompréhension marquent la plupart des élus de la communauté de communes du Piémont Cévenol, dont fait partie le village. « Il n’y a pas plus tard que deux jours, je l’ai vu dans sa voiture, témoigne Serge Cathala, maire de Quissac. Vous vous rendez compte, elle conduisait encore très bien à son âge ! »

Robert Cahu, maire actuel de Canaules-et-Argentières
Robert Cahu, maire actuel de Canaules-et-Argentières Midi Libre – Paul Barraud

Mais c’est Robert Cahu, qui fut l’un de ses proches collègues, qui en parle plus longuement : « C’était une femme impliquée et tenace vis-à-vis de ses engagements pour son village. D’abord comme secrétaire de mairie, puis comme élue et maire. Elle était même restée dans le conseil municipal après m’avoir passé le relais en 2014. »

En parallèle à l’émotion, le maire se pose aussi plusieurs questions sur l’élevage canin de dogues se trouvant sur sa commune. Une activité pas illégale mais qui, selon lui, aurait provoqué des tensions avec le voisinage direct. « Selon plusieurs habitants, ce n’était pas la première fois que l’on voyait des chiens de cet élevage se promener dans le cimetière. »

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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