« Rien ne justifie la violence envers un élu », cinq mois après son agression, l’adjointe au maire de Saint-Denis témoigne

C’est un véritable guet-apens qui lui a été tendu, ce 20 décembre, à la sortie du conseil d’administration du bailleur social Plaine Commune Habitat. Oriane Filhol y assistait en tant qu’adjointe au maire de Saint-Denis. Il est plus de 20h30, il fait déjà nuit dehors. Rapidement, l’élue se sent suivie par deux hommes. « J’ai changé d’itinéraire, pensant qu’ils voulaient me voler mon téléphone et qu’ils allaient se lasser« , raconte-t-elle dans son bureau de l’hôtel de ville, cinq mois plus tard. Passant devant l’immeuble d’un collègue, dont elle connaît le digicode, elle entre dans le hall, mais ses poursuivants sont toujours derrière elle.

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Des coups derrière la tête

Elle poursuit : « L’un d’eux m’a fait une balayette pour me faire tomber au sol et me frapper à plusieurs reprises derrière la tête. J’ai fini par crier : mais qu’est-ce-que vous voulez, en sortant mon téléphone de ma poche, en pensant toujours que c’était ce qu’ils voulaient. Ils sont alors partis sans rien prendre et sans dire un mot« . Il s’est avéré depuis que la jeune femme était attendue par quatre hommes : les deux précédemment cités, un chauffeur qui les a recrutés et conduits sur place et un dernier individu, commanditaire présumé, dont le procès doit se tenir le 4 juin.

Cet homme est un chef d’entreprise, responsable d’une association d’insertion de la ville, la victime le connaissait, ce qui lui a permis de le reconnaître sur les images de vidéosurveillance : « On se tutoyait, on se saluait quand on se voyait, » explique Oriane Filhol, ça m’est d’ailleurs pénible de penser qu’il a été capable d’impliquer trois jeunes dans cette expédition punitive. Ils ont désormais un casier judiciaire ». Lors de leur audition en comparution immédiate fin janvier, ils ont reconnu les faits expliquant avoir reçu de l’argent pour ça. Le commanditaire présumé lui nie sa participation et n’a donc fourni aucun motif permettant de comprendre pourquoi la jeune femme a ainsi été agressée.

Aller au bout de son mandat

« Rien ne justifie la violence envers un élu » dit avec force Oriane Filhol. « Les agresseurs s’en prennent, en général pour des raisons individuelles, à une personne qui a été élue par les citoyens et qui représente le service public, ça me dépasse« . Au-delà des violences physiques, elle regrette le nombre de violences verbales subies sur les réseaux sociaux : « On tombe souvent dans des attaques personnelles. On peut ne pas être d’accord avec un projet ou avec les moyens employés mais on peut au moins partager l’idée qu’un élu local essaie de faire au mieux pour sa ville« .

Reconnaissant avoir été touchée sur le plan psychologique, « j’ai développé une phobie, je n’arrive plus à être seule la nuit à l’extérieur« , Oriane Filhol dit en revanche ne pas avoir songé à jeter l’éponge. Elle estime que son mandat de conseillère municipale lui a été confié pour six ans et qu’un événement non démocratique ne doit pas l’interrompre. D’ailleurs, elle a encore beaucoup de projets à mener à bien au sein de l’équipe municipale dionysienne. Elle cite, entre autres, la réussite des JO, l’accès aux droits pour tous, la lutte contre l’habitat indigne et le fait de favoriser la place des femmes dans l’espace public.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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