« On demande juste à pouvoir aller au travail sans avoir peur » : un conflit social tend les relations entre la mairie de Mazères et ses agents

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l’essentiel Les agents de la mairie de Mazères se sont mis en grève pour protester contre des conditions de travail dégradées.

L’ambiance est joyeuse, la sono crache tour à tour du Dua Lipa et l’Internationale. Mais derrière les sourires apparents, le discours est grave : ce mercredi matin, des agents de la mairie de Mazères étaient en grève pour protester contre leurs conditions de travail, que beaucoup estiment très dégradées. « Le leitmotiv aujourd’hui, c’est le salon du désordre à Mazères, martèle Maurice Gracia, secrétaire départemental de Solidaires collectivités territoriales 09. On a de l’esclavagisme des temps modernes, le statut des agents est bafoué, il n’y a aucun avancement. »

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Du côté des syndicats, la liste des griefs est longue. « Le personnel travaille plus que prévu, sur des postes aux missions mal définies, et certains agents ne cotisent pas sur la bonne caisse de retraite. Les ATSEM sont en colère, la police municipale ne se sent pas reconnue et appréciée dans son travail », embraye Myriam Vigneaux, sa collègue de Force ouvrière (FO). Aussi dans leur viseur des syndicats, le fait que la mairie n’ait pas effectué d’élections professionnelles pour faire siéger des fonctionnaires élus dans un comité social et technique : cette limite pour le CST étant fixé à 50 agents et plus, la mairie maintiendrait le nombre en dessous de ce seuil, quand les organisations syndicales indiquent qu’il y en a plus de 50 fonctionnaires travaillant pour la mairie.

Plusieurs cas de burn-out remontés

Du côté des agents, on compte ne pas faillir pour se faire entendre après une longue période délétère au sein de la mairie, notamment dans la partie administrative. Tous les agents visent néanmoins à demi-mot plusieurs fonctionnaires qui instilleraient un climat anxiogène au sein des bureaux, occupant des fonctions dont ils n’ont pourtant pas la primeur. Plusieurs agents disent avoir été arrêtés plusieurs mois pour burn-out et avoir été déclassé à leur retour, devant remplir des missions pour lesquelles ils ne sont pas qualifiés : « Après le burn-out, c’est le bore-out », ironise l’un d’entre eux. « Même après mon retour, je ne pouvais pas m’empêcher de pleurer, je n’avais rien et je me suis fait bouffer », confie un autre.

Un autre agent emploie même les mots de harcèlement moral et verbal, évoquant des insultes, ce que relève l’élu CGT du centre de gestion Yannick Flores : « On a un turnover très conséquent chez les agents, il faut le noter. Certains agents m’ont saisi à ce propos et je souhaiterais l’inscrire à l’ordre du jour de notre prochain CST au centre de gestion. De cette manière, on pourra diligenter une enquête et se déplacer sur site, rencontrer les élus et les agents. »

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L’élu souligne par ailleurs que des agents seraient prêts à témoigner si une plainte au pénal était déposée pour harcèlement moral. « Le pire, c’est que j’aime profondément mon travail, mais j’en ai été épuisée par cette ambiance. On presse les gens comme des citrons, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien. On demande juste à être respectés et à ne pas être pas dévalorisés, à pouvoir aller au travail sans avoir peur », demande un agent.

Le soir même, Louis Marette, maire de Mazères, a accepté de rencontrer les délégués départementaux de Sud Solidaires et Force Ouvrière. Si ces derniers relatent une ambiance tendue, ils disent aussi que le premier édile a répondu à plusieurs questions et éludés d’autres, avec les représentants syndicaux promettant « de se battre au cas au cas pour chaque agent » : « On demande un vrai dialogue, sinon on se réserve le droit de reposer un préavis de grève », ponctuent FO et Sud solidaires.

Contacté, le maire Louis Marette n’a pas répondu à l’heure de publication de cet article.

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